Au Sommet de la montagne
Tu n’as pas à être fort tout le temps
Prendre soin de ta santé mentale, c’est aussi savoir quand ralentir, déposer ton sac et demander de l’aide.


Ce mois-ci, on fait quelque chose d’un peu différent.
Septembre est le mois où la sensibilisation à la santé mentale est particulièrement mise en avant.
Et c’est un sujet qui nous tient à cœur, à Wisdome et à moi.
Alors on a décidé d’écrire cette édition à deux voix.
Chacun a rédigé son texte de son côté.
Et en les relisant ensemble, on s’est rendu compte à quel point ils se répondaient, presque sans qu’on l’ait cherché.
L’un parle de pression intérieure. L’autre parle de pression extérieure. Mais au fond, ils parlent tous les deux de la même chose.
De toi.
Et de ce que tu portes.
Alors on te les partage tissés ensemble.
Jonathan :
On parle beaucoup de ralentir.
Mais , prendre soin de ta santé mentale, ce n’est pas seulement ralentir.
C’est accepter que tu ne peux pas tout porter seul.
Ce sujet reste encore tabou. Beaucoup de personnes, notamment des jeunes, souffrent en silence par peur de parler, d’être jugées, ou simplement de ne pas être comprises.
Je ne suis pas psychologue. Je n’ai pas toutes les réponses.
J’ai mes propres problèmes, comme chaque Alpiniste, et je fais simplement de mon mieux pour aller bien, être heureux, et continuer mon ascension.
Wisdome :
Et pendant qu’on essaie de continuer cette ascension, le monde, lui, n’attend pas.
Dans un monde en constante évolution, où tout subit une mise à jour très fréquente, où l’IA prend de plus en plus de place, où les robots humanoïdes commencent déjà à s’intégrer dans notre quotidien, on nous dit que ce n’est que le début.
Un monde où on perdrait les mots si on essayait de mesurer la vitesse à laquelle file le temps.
Il y a une image qui me revient souvent face à tout ça.
Imagine une bouteille d’eau. Elle représente ton temps, ton énergie, ton attention.
Tout ce que tu as à donner dans une journée.
Et autour de toi, des dizaines de verres attendent d’être remplis. Progresser sur ton projet.
Te mettre au sport. Apprendre quelque chose de nouveau. Être présent pour les personnes que tu aimes.
Prendre soin de ta santé mentale.
Suivre l’actualité pour ne pas être dépassé.
Et puis évoluer, toujours évoluer, parce que le monde n’attend pas.
Le problème, c’est que la bouteille est limitée. Et les verres, eux, sont pratiquement illimités.
Jonathan :
Je dois t’avouer quelque chose.
Pendant longtemps, je prenais ma santé mentale à la légère.
J’avais appris à gérer mes problèmes seul la plupart du temps.
Je gardais beaucoup de choses pour moi et je pensais pouvoir tout gérer.
Dans ma quête de réussite, je voulais accomplir de grandes choses, atteindre le sommet de ma montagne, et être enfin en paix avec moi-même.
Alors je me mettais beaucoup de pression.
J’étais stressé en permanence. À tel point que certains soirs, à 2 ou 3 heures du matin, je n’arrivais toujours pas à dormir.
Je tournais en rond. Mon corps était fatigué, mais mon esprit continuait de fonctionner.
Wisdome :
Et ce que Jonathan décrit n’est pas une exception.
On vit dans une époque où être occupé est devenu une forme de respectabilité.
Celui qui dort peu et travaille beaucoup est admiré. Celui qui prend du temps pour lui est suspect.
On lui demande : tu ne te reposais pas trop là ?
Les réseaux sociaux ont amplifié ça d’une manière qu’on sous-estime. On voit les autres avancer, lancer des projets, obtenir des résultats.
Et quelque part, sans qu’on s’en rende vraiment compte, une petite voix commence à murmurer.
Et toi, tu fais quoi ?
Cette voix-là ne demande pas vraiment ce que tu fais. Elle te demande si ce que tu fais est suffisant. Si tu avances assez vite.
Et la réponse, presque toujours, c’est non.
Parce que dans une course sans ligne d’arrivée, on ne gagne jamais vraiment.
Jonathan :
À un moment donné, c’est fatigant d’être fort.
Je pensais que demander de l’aide était une forme de faiblesse. Que mes problèmes étaient les miens, et que je devais être capable de les régler moi-même. Tout encaisser. Tout assumer. Tout garder pour soi.
À force de vouloir constamment être fort, tu peux finir par t’épuiser.
Et quand tu es épuisé, tu ne deviens pas plus fort simplement parce que tu continues de serrer les dents.
Wisdome :
Exactement ça.
Quand on disperse son énergie sur trop de choses à la fois, en espérant suivre le rythme du monde, on ne devient pas plus productif. On devient de plus en plus épuisé.
Et progressivement, sans qu’on l’ait décidé, notre valeur devient liée à ce qu’on produit.
On se dit : si j’avance, je vaux quelque chose.
Si je stagne, je vaux moins.
C’est une équation silencieuse que beaucoup portent sans même savoir qu’ils la portent.
Ce que Jonathan a mis des mots sur une pression intérieure, celle qu’on se crée à soi-même, et ce que je décris ici, c’est la pression extérieure, celle que le monde nous impose. Les deux se ressemblent énormément. Et les deux finissent par faire le même dommage.
Jonathan :
Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est de parler avec certains amis.
Je n’avais pas forcément besoin qu’ils trouvent une solution à mes problèmes. Parfois, j’avais simplement besoin de dire ce que j’avais sur le cœur. De me sentir écouté.
Ils n’avaient pas toujours les réponses. Mais le simple fait qu’ils m’accordent du temps pour m’écouter m’a beaucoup aidé.
On pense qu’aider quelqu’un signifie forcément résoudre son problème. Alors que , aider quelqu’un, c’est simplement être là.
Wisdome :
Et être là pour quelqu’un commence par être honnête avec soi-même.
Chaque bouteille d’eau est différente. Certaines sont plus grandes, d’autres plus petites. Certaines ont des fuites qu’on ne voit pas. Des blessures passées qui consomment de l’énergie silencieusement.
Comparer ta progression à celle de quelqu’un d’autre, c’est comparer ta bouteille à la sienne sans savoir ce qu’elle a vécu, ce qu’elle porte, ce qu’elle traverse en ce moment. Ce n’est pas une comparaison honnête. Et ça n’en a jamais été une.
Dire qu’on devrait aller à son propre rythme, ça ne veut pas dire qu’on devrait s’arrêter de progresser. C’est une invitation à l’honnêteté. Honnêteté sur ce que tu peux réellement porter aujourd’hui. Sur ce qui compte vraiment pour toi, et non pour les autres.
Un imbécile concentré accomplira toujours plus qu’un génie distrait.
Jonathan :
Si tu ne vas pas bien, tu as le droit de le dire.
Si tu as besoin d’aide, demande de l’aide. N’attends pas que les autres devinent ce que tu traverses. Mets des mots dessus. Parle à quelqu’un en qui tu as confiance.
Tu n’as pas besoin d’attendre d’être complètement épuisé pour prendre ta santé mentale au sérieux.
Wisdome :
Et le monde, lui, ne viendra pas te le rappeler.
Il va continuer d’évoluer. L’IA va continuer de prendre de la place. Le temps va continuer de filer à une vitesse qui donne le vertige.
Et dans tout ça, personne ne viendra te dire : prends soin de toi d’abord. Personne ne viendra te dire que ta santé mentale vaut plus que ton nombre d’objectifs accomplis ce mois-ci.
Alors on te le dit, nous.
Prends soin de toi. Pas parce que le monde s’arrêtera si tu ne le fais pas. Mais parce que tu ne peux pas construire quoi que ce soit de durable sur une fondation qui s’effrite.
Jonathan :
Aujourd’hui, quand je sens que la pression devient trop importante, j’essaie de revenir à des choses simples.
Je fais du sport. Je marche. J’écris.
Ce ne sont pas des solutions magiques. Mais parfois, tu n’as pas besoin de tout régler immédiatement.
Tu as simplement besoin de retrouver un peu de calme.
Alors oui, travaille. Construis ton projet. Gravis ta montagne.
Mais repose-toi aussi. Souffle. Reviens à toi.
Un Alpiniste qui s’arrête pour reprendre son souffle n’a pas abandonné son ascension. Il se prépare simplement à continuer.
Tu n’as pas besoin de tout porter seul. Tu peux être ambitieux et avoir besoin de repos.
Tu peux être fort et avoir besoin d’aide.
Tu peux vouloir atteindre ton sommet et avoir besoin de t’arrêter un moment.
Parfois, prendre soin de ta santé mentale, c’est simplement accepter de déposer ton sac quelques instants avant de reprendre la route.
Wisdome :
Et cette route, elle n’a pas besoin d’être parcourue à la vitesse du monde.
Elle a besoin d’être parcourue à ta vitesse. Avec tes ressources. Dans tes conditions. À ton rythme.
La vraie progression ne vient pas de toutes les choses que tu ajoutes à ton quotidien.
Elle vient souvent de tout ce que tu choisis de ne pas faire pour te concentrer sur ce qui compte vraiment.
Et la vraie santé mentale ne vient pas du fait d’être au rythme du monde. Elle vient du fait d’être en accord avec toi-même.
Ces deux choses-là ne seront jamais exactement au même rythme. Et c’est très bien ainsi.
Le monde n’a pas besoin d’une version de toi qui court épuisée derrière lui.
Il a besoin d’une version de toi qui sait exactement pourquoi elle avance.
Et qui prend soin d’elle en chemin.
On se retrouve au camp de base.
Jonathan & Wisdome
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Cette édition a été co-écrite avec Toffa Wisdome. Va découvrir sa newsletter, Inspiration de Wisdome :
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Merci d’avoir pris le temps de lire ce texte à deux voix, qui nous rappelle combien il est important de respecter nos limites, de prendre soin de nous et d’accepter que nous n’avons pas à être forts tout le temps.
Si ces mots vous ont touché, fait réfléchir ou simplement permis de vous reconnaître un peu, n’hésitez pas à partager ce texte autour de vous. Parfois, quelques mots arrivent exactement au moment où quelqu’un en a besoin.
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