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Nymphéas noirs —Michel Bussi

Quand le paradis de Monet devient une prison

Certains lieux évoquent immédiatement tout un univers, et Giverny en fait partie.
On pense immédiatement aux jardins de Claude Monet, à l’étang, aux nymphéas, aux reflets de lumière et aux couleurs impressionnistes. Un endroit que l’on traverse presque comme on entrerait dans un tableau.
Et pourtant, dans Nymphéas noirs, Michel Bussi choisit précisément ce décor de beauté pour installer une histoire où les apparences deviennent dangereuses.
Car derrière les jardins se trouvent des secrets. Derrière les couleurs, des zones d’ombre. Et derrière l’image parfaite de Giverny, trois femmes qui ne rêvent que d’une chose : partir.
Trois femmes, un même désir
Le roman s’ouvre presque comme un conte.
Trois femmes vivent dans le même village, mais elles n’ont ni le même âge ni la même existence.
La première est une vieille femme de plus de quatre-vingts ans, veuve — ou presque — qui observe les autres et semble en savoir beaucoup plus qu’elle ne devrait.
La deuxième, Stéphanie Dupain, a trente-six ans. Institutrice, mariée et séduisante, elle s’intéresse aux artistes et cherche quelque chose qui ressemble à l’amour.
La troisième est Fanette Morelle. Elle n’a que onze ans, possède un véritable talent pour la peinture et cherche un père.
Tout semble les séparer.
Pourtant, elles partagent le même sentiment : Giverny les enferme.
Le village que tant de visiteurs viennent admirer leur apparaît comme un immense jardin entouré de grilles. Un lieu magnifique dont elles voudraient franchir les limites.
Et c’est là que le roman commence véritablement à troubler.
Treize jours pour s’échapper
L’histoire se déroule sur une période très précise : du 13 au 25 mai 2010.
Treize jours.
Une parenthèse qui commence par un meurtre et doit se terminer par un autre.
La règle annoncée au lecteur est terrible : parmi les trois femmes, une seule pourra s’échapper. Les deux autres devront mourir.
Dès lors, la question s’installe.
Laquelle ?
La plus jeune, grâce à son talent ?
Stéphanie, qui rêve d'une autre vie ?
Ou cette vieille femme qui regarde Giverny et ses habitants avec des yeux qui semblent ne rien oublier ?
Michel Bussi ne nous demande pas seulement de suivre une enquête. Il nous invite à regarder.
Et surtout à nous demander constamment si ce que nous regardons est bien réel.
Giverny, personnage à part entière
C’est probablement l’un des aspects les plus séduisants de ce roman.
Giverny n’est pas utilisé comme un simple décor.
L’auteur précise que les lieux décrits existent réellement : l’hôtel Baudy, le ru de l’Epte, le moulin des Chennevières, l’église Sainte-Radegonde et son cimetière, la rue Claude-Monet, le chemin du Roy, la maison de Monet et, bien entendu, l’étang aux nymphéas.
Les informations concernant Claude Monet, sa vie, ses œuvres et ses héritiers, ainsi que celles concernant d’autres peintres impressionnistes, reposent également sur des éléments authentiques.
Même les vols d’œuvres d’art évoqués dans le roman sont inspirés de faits divers réels.
Puis Michel Bussi prévient son lecteur : tout le reste, il l’a imaginé.
Cette frontière entre le réel et la fiction convient merveilleusement à un roman qui semble justement vouloir nous faire douter de ce que nous croyons voir.
Un tableau dans lequel quelque chose cloche
Nymphéas noirs joue constamment sur les contrastes.
La beauté et la mort.
L’art et le crime.
La jeunesse et la vieillesse.
Le désir et l’enfermement.
Le réel et l’illusion.
Le résumé du roman évoque d’ailleurs un véritable jeu de miroirs, où les indices se multiplient tandis que les pistes se brouillent.
Et le lecteur comprend rapidement qu’il devra se méfier.
À Giverny, une image peut en cacher une autre.
Un peu comme devant une toile impressionniste : lorsque l’on s’en approche, on ne voit que des touches de couleur. Il faut parfois changer de distance pour comprendre ce que l’on regarde.
Pourquoi TheLibrisWorld vous recommande Nymphéas noirs
Ce qui donne envie de poursuivre Nymphéas noirs, ce n’est pas uniquement le meurtre.
C’est sa construction.
Dès les premières pages, Michel Bussi nous donne énormément d’informations. Il présente les trois femmes, annonce les treize jours, parle des morts à venir et va jusqu’à poser lui-même la question essentielle : laquelle parviendra à s’échapper ?
On pourrait presque croire qu’il en dit trop.
Et pourtant, nous ne savons toujours rien.
C’est précisément ce paradoxe qui rend l'entrée dans le roman si efficace.
TheLibrisWorld recommande particulièrement ce titre aux lecteurs qui aiment les polars construits comme des énigmes, les atmosphères où le décor possède une véritable importance et les histoires dans lesquelles il faut accepter de remettre en question ses premières certitudes.
Et puis il y a Giverny.
Michel Bussi transforme l’un des paysages les plus célèbres de l’impressionnisme en un endroit beaucoup plus inquiétant : un paradis dont certaines personnes cherchent désespérément la sortie.
Une fois cette idée installée, même les nymphéas paraissent soudain un peu plus sombres.
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Nymphéas noirs
Michel Bussi
Série : Terres de France
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Bonne lecture!

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