Depuis quand essayer est devenu une honte ?
Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt
Par Oyedele Jonathan


À travers ce texte, Oyedele Jonathan nous rappelle que la vie n’est pas faite pour être observée de loin, mais pour être tentée, explorée et vécue avec courage, même dans l’imperfection.
Salut l’Alpiniste,
Je me demande depuis quand c’est devenu normal de critiquer quelqu’un parce qu’il essaye de faire quelque chose ?
Depuis quand c’est devenu une honte d’essayer ?
Je sais pas, mais j’ai bien envie de parler de ce sujet.
Essayer.
Tu sais, pendant longtemps, j’ai jamais vraiment su ce que je voulais faire dans ma vie.
Au collège, mes amis de classe voulaient devenir astronaute, médecin, travailler dans la finance.
Et pour être honnête, quand on me posait la question de savoir ce que je voulais, je répondais juste avec l’idée qui me passait par la tête.
Juste pour ne pas attirer l’attention.
Je savais que j’avais du potentiel.
Mais pour faire quoi ?
Je savais pas.
J’ai toujours eu peur d’échouer.
D’avoir honte.
De me tromper.
Et ça m’a freiné dans ma vie.
J’ai loupé des opportunités.
Des bons moments que je pouvais passer.
Des trucs passionnants que je pouvais lancer.
Juste pour avoir l’air cool.
Mais c’était vraiment pas ma montagne.
Je gravissais une montagne qui était pas la mienne.
Et avec le temps, une chose a vraiment changé ma vie.
Ça va peut-être être glaçant, mais c’est la mort.
Tu sais, nous sommes sur cette terre sans garantie.
Rien ne dit que demain nous serons là.
Ni dans 2 ans.
Ni dans 10 ans.
Ni dans 30 ans.
Au premier abord, ça paraît malheureux.
Mais en prenant du recul, c’est justement ça qui doit nous donner envie de vivre notre vie.
De commencer l’ascension sur notre montagne.
Comme le dit Confucius :
« Nous avons deux vies. La seconde commence le jour où l’on réalise qu’on n’en a qu’une. »
J’ai toujours su que je voulais créer quelque chose propre à moi.
Pas suivre la masse.
Pas que consommer.
J’ai pas toujours eu confiance en moi.
Mais comme j’aime le dire : la vie mérite d’être vécue.
Elle a son lot de bonheur, de malheur.
Mais c’est ça qui fait la vie.
Durant les vieux jours, je veux pouvoir me regarder dans le miroir et me dire qu’elle était belle, ma vie.
J’ai tenté des trucs.
J’en ai réussi.
J’ai échoué aussi.
Mais j’ai fait ce que je voulais faire.
J’ai gravi ma montagne à moi.
Le Sommet de la Montagne.
Cette simple expression représente beaucoup pour moi.
J’ai commencé à créer du contenu.
Crois-moi, j’y connaissais vraiment rien du tout.
C’était compliqué.
Apprendre à écrire.
Structurer mes idées.
Ne pas me laisser décourager par la non-visibilité de mes contenus.
J’ai commencé sur X.
Et après, je suis venu sur Substack.
Là encore, je connaissais rien.
Sur X, j’avais du succès.
Mais ici, je recommençais à zéro.
Pendant longtemps, j’avais aucune réaction sur mes posts, mes newsletters.
Je savais même pas comment en rédiger une.
Mais ce qui m’a permis de continuer, c’était le fait d’essayer.
Et de me donner à fond.
De ne pas m’attarder sur les résultats rapides.
Mais de faire ce que j’aime.
Créer.
Partager.
Aider.
Nous sommes de passage sur cette terre.
Comprends bien ça.
À la fin de notre passage, qu’est-ce que tu veux retenir de toi ?
Qu’est-ce que tu veux qu’on retienne de toi ?
J’ai toujours voulu avancer en étant sûr que tout allait être bon.
Que tout allait marcher.
Prédire tout.
J’ai encore ce côté perfectionniste qui peut cacher la peur de ne pas réussir.
Mais je travaille dessus.
Je suis humain.
J’essaye de passer à l’action même quand c’est pas parfait.
De me lancer.
Et en fin de compte, je comprends qu’il y a certaines choses qu’on est obligé de faire seul dans sa vie.
Des choses.
Prendre des chemins différents.
Si on veut vraiment vivre notre vie.
Parce que personne va le faire à notre place.
Tout le monde est occupé à réussir sa vie.
De nos jours, à survivre même, avec tous ces problèmes de santé mentale.
Mais on en parlera une autre fois.
Et si tu es arrivé jusqu’ici, cher Alpiniste, laisse-moi te dire une dernière chose.
C’est facile de dire « lance-toi ».
Je sais que c’est dur à faire.
Alors je ne vais pas te demander de réussir.
Je vais te demander de rater.
Le monde appartient à ceux qui acceptent d’être des débutants.
À ceux qui acceptent le brouillon.
Alors, pour honorer cette vie unique dont je te parlais, je te lance un petit défi.
Pas demain. Aujourd’hui.
Fais une tentative.
Envoie ce message risqué.
Publie ce texte imparfait.
Lance cette idée bizarre.
Fais-le avec la certitude que ce sera peut-être maladroit.
Et alors ?
Dans 100 ans, personne ne se souviendra de ta maladresse.
Mais ce soir, toi, tu te souviendras de ton courage.
N’aie pas honte d’essayer.
Aie honte de rester spectateur.
C’était Jonathan.
Texte de Oyedele Jonathan, publié sur TheLibrisWorld avec l’autorisation de l’auteur.
Retrouvez Oyedele Jonathan et ses écrits sur sa page : https://substack.com/@oyedelejonathan
Cette publication s’inscrit dans l’espace Textes & Silence, un lieu de partage dédié aux voix, aux réflexions et aux écritures sensibles.
Élisabeth De Cordoba
Autrice francophone — https://thelibrisworld.com/
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