

SABLIER
Les années ont passé. Je ne suis plus dans l’œil du cyclone. La tempête s’éloigne, mais tout est détruit.
Tu es celle que j’attendais… Mais tu es arrivée trop tard.
Je ne suis plus capable d’aimer ; Je n’en ai plus la force, ni l’insouciance. Ma candeur s’est consumée dans les bras de tant d’autres.
Alors qu’avant, la simple vision d’un corps nu me troublait, aujourd’hui je ne vois plus qu’un tas de chair et d’os, impersonnel, un assemblage d’organes éphémère, fragile, voué à la décrépitude.
Je ne suis plus qu'un bout de bois sec. Tes caresses ne me font plus rien. Tout est mécanique, impersonnel, brutal.
Tant d’années entre quatre murs, sans le moindre contact. Pour survivre, des choses ont dû mourir en moi.
Le temps anéantit tout sur son passage.
Dans le sablier, inexorablement, le sable s’écoule. Et lorsque je suis enfin prêt, il est déjà trop tard.
Quand finalement je serai capable de vivre, D’affronter l’existence, il sera temps de mourir.
Les années passent de plus en plus vite. Le sable s’écoule, S’écoule impitoyablement.
Les gens disparaissent. Certains meurent, beaucoup deviennent insignifiants.
J’ai parcouru le monde physique, plongé en moi-même. Les séquelles sont irréversibles. Mes cicatrices en témoignent.
L’âme absorbe la souffrance, l’esprit se fragmente.
En apesanteur, au milieu de la nuit, Les mots s’échappent sans pudeur.
J’entends le sable s’écouler…
— Thomas
THOMAS PLASSERAUD
"Pour une expérience de lecture parfaite"
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