La planète se souvient
La planète est fatiguée.
Fatiguée de porter nos cris, nos frontières tracées à la hâte, nos colères anciennes qui ne trouvent jamais de fin. Elle a vu passer des armées, des drapeaux plantés dans la terre, des villes réduites au silence. Elle a entendu le fracas des armes avant même que les hommes n’apprennent à s’écouter.
Sous ses océans, elle garde la mémoire des bateaux coulés.
Dans ses forêts, elle retient l’odeur de la fumée.
Sur ses routes, elle conserve la poussière de ceux qui sont partis sans jamais revenir.
La planète ne choisit pas nos guerres.
Elle accueille pourtant nos blessures.
Elle reçoit nos morts comme on reçoit la pluie : sans juger, mais en s’imprégnant de chaque trace laissée par notre violence.
Parfois, j’imagine que la Terre voudrait simplement se reposer.
Fermer ses continents comme on ferme les yeux.
S’offrir une nuit sans explosions, sans sirènes, sans ruines à porter au matin.
Elle est fatiguée, oui.
Mais elle continue de nous offrir des matins.
Des saisons.
Des naissances.
Comme si elle espérait encore que nous apprenions à habiter autrement.
Peut-être que le silence qu’elle nous demande n’est pas un abandon,
mais une invitation.
À déposer les armes.
À écouter le souffle ancien de ce monde qui nous porte,
et qui, malgré tout, continue de croire en nous.
Texte original © Élisabeth De Cordoba. Toute reproduction, diffusion ou utilisation sans autorisation est interdite.
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Élisabeth de Cordoba-Thelibrisworld


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