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Trois forces, une seule respiration

J’ai envie de parler de trois forces bien distinctes que sont l’amour, la création et la mort, qui ne sont pas trois chemins séparés…

Elles sont une seule et même respiration, mais prise à des endroits différents du vivant. J’appelle création ce moment où quelque chose surgit. J’appelle amour ce qui me rend assez ouverte pour le laisser surgir et j’appelle mort l’instant où je n’ai plus la force de retenir. Mais en vérité, elles sont le même courant dans ces trois passages. Il crée quand j’aime et aime quand je laisse mourir.

Alors aujourd’hui, je laisse mourir ce qui entrave pour que la création ne soit pas un mensonge. Chaque création véritable naît d’un deuil invisible. Quelque chose doit céder, se dissoudre, ne plus avoir raison d’exister. Ce que je perds n’est jamais ce qui est encore vivant, mais je comprends que c’est ce qui s’y accrochait.

L’amour me met à nu pour que la création ne soit pas une fuite. La mort m’allège pour que l’amour ne devienne pas une prison. Quand j’aime vraiment, c’est là que quelque chose en moi meurt : je perds mes repères, mais aussi l’illusion de contrôler, le fantasme de durer, le besoin d’être quelqu’un.

Et quand quelque chose meurt vraiment, et si je ne détourne pas le regard, là, l’amour s’élargit. Mais il y a des créations qui ne prennent pas forme dans le monde. Elles prennent forme en moi, même si je ne m’en rends pas encore compte, sous la forme d’une capacité nouvelle à aimer ou d’un consentement plus profond à perdre. Je ne crois pas que la mort soit l’opposé de la création. J’ai découvert qu’elle en est la sage-femme. Je ne crois pas que l’amour protège de la fin, non, car il enseigne la traversée.

À chaque fois que j’ose rester présente quand une identité se défait, quand un de mes rêves s’écroule, quand une relation change de forme, c’est là que je deviens le lieu même où ces trois forces se reconnaissent. Je n’ai pas été créée pour m’attacher à ce qui dure. J’ai été créée pour participer au mouvement qu’est la vie. Créer, aimer, mourir… et ce sont trois façons pour la vie de se souvenir d’elle-même, à travers moi.

Et si parfois je me sens fatiguée, ou encore vide, ou en suspens entre deux mondes, je me dis que ce n’est pas que j’échoue. C’est que quelque chose est en train de naître en moi, exactement au moment où autre chose accepte enfin de se taire, et je découvre en moi des nuances qui n’y étaient pas avant.

Alors je reste là. Je ne me presse pas. Après tout, la vie ne m’utilise pas. Je regarde comment elle me traverse parce que j’ai appris à ne plus lui résister et à lui faire confiance

— Pensée sans fil conducteur

Texte de Y.P

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Élisabeth de Cordoba-Thelibrisworld