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Biographie de Madina : Le cœur battant du bitume

Texte invité

Madina : le regard qui ne ment pas
Par Thierno Hamidou Bah (Écrivain autodidacte) — 6 février 2026

« C’est une grande joie pour moi de voir ce texte trouver sa place parmi les “voix singulières” de ton site. J’ai hâte de découvrir sa mise en ligne. »
— Thierno

Le cœur battant du bitume

Madina n'est pas seulement le plus grand marché de Guinée ; c'est un personnage à part entière. Autrefois conçu comme un pôle de modernité urbaine, il s'est transformé au fil des décennies en un labyrinthe organique où se joue, chaque jour, la survie de milliers de familles.

C’est une terre d'accueil pour les courages invisibles. Sous ses hangars et dans ses embouteillages permanents, Madina respire au rythme des vendeuses d'eau, des porteurs et des commerçants. C’est un lieu de contrastes brutaux, où la dignité d'acier des femmes fait face à l'absence de services de base. Écrire la biographie de Madina, c'est raconter l'histoire d'une résilience qui ne dit pas son nom, entre la poussière des rues et la pureté d'un regard.

Sous un soleil de plomb qui fait vibrer l'horizon de bitume, ses yeux cherchent les nôtres. Elle ne crie pas, elle guette. Dans son regard, il y a la fatigue des kilomètres parcourus pieds nus, mais aussi une dignité d'acier. Elle tend ce sachet d'eau glacée comme on tend une bouée de sauvetage au milieu de la fournaise de Madina.

Mais au-delà du sachet d'eau, que voyons-nous vraiment ?

🔹 Le miroir d'un service public absent
Si l'eau potable était un droit accessible à chaque coin de rue, aurions-nous besoin que des milliers de femmes s'épuisent à la revendre dans la poussière ? Ce commerce de rue n'est pas un choix, c'est le pansement d'une plaie béante : l'accès à l'eau pour tous.

🔹 Le moteur invisible de nos familles
Ce regard, c'est celui de la protection sociale qui n'existe pas. Cette femme ne vend pas de l'eau par plaisir, elle vend pour que l'école soit payée, pour que la marmite bouille ce soir. Elle est le dernier rempart contre la misère.

Alors, on se pose la question :
Peut-on parler de “ville moderne” et d’“émergence” tant que l'eau potable reste un luxe que l'on achète à la sauvette dans les embouteillages ?

La vérité de la Guinée se trouve souvent là,
entre un sachet d'eau
et une volonté de fer.🇬🇳🤝

— Thierno Hamidou Bah
Écrivain autodidacte

Texte invité publié avec l’accord de l’auteur.
© Thierno Hamidou Bah – 2026
Reproduction interdite sans autorisation.

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— Élisabeth De Cordoba