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Ce qui commence quand je cesse de me fuir

Texte invité — Y.p
Un fragment sensible sur le retour à soi, l’accueil du chaos et la lente naissance de ce que l’on devient.
Je ne sais plus comment c’était avant. Juste un silence trop bien rangé, des sourires sans racines et ce vide immense qui sonnait creux.
Je crois que j’étais là, mais pas vraiment dedans. Un genre de fantôme maquillé en vivante… Je faisais comme si, et personne — ni moi-même — ne voyait que je me perdais de vue.

Mais maintenant… je ne me cache plus dans le bruit. Je marche dans le désordre, parfois maladroitement. J’apprends à aimer le chaos, non pas pour me dompter, mais pour m’y retrouver.

Je me cherche comme un écho cherche la voix qui l’a lancé. Je me cherche et, pour une fois, je ne me tourne pas le dos. Je m’accueille même quand c’est flou et bancal, même quand je n’ai pas les mots justes. Je ne m’accueille pas comme on prend un refuge, mais comme on ouvre une porte qu’on avait soi-même condamnée.

Et c’est là, dans cette lente réouverture, que je commence à me souvenir — non pas de ce que j’étais, mais de ce que je suis en train de devenir.
Avant… tout sonnait creux, comme dans une grande pièce vide où personne n’attend, et j’essayais d’y croire, à ce monde sans fond. Je jouais les vivantes dans un monde sans écho.

Mais quelque chose a craqué — non pas d’un gros fracas, non — juste une fissure douce, assez pour que la lumière y passe.

Et aujourd’hui, je me tiens dans le chaos, pas au-dessus. Je ne veux plus me fuir. Je ne mets plus de gants pour me toucher. J’entre en moi comme on entre dans une forêt sans carte, sans vouloir tout comprendre, juste avec le cœur en éveil.
Je ne me cherche pas pour me réparer, mais pour m’habiter.

C’est vrai, je me cherche, comme un écho cherche la bouche qui l’a aimé assez fort pour le lancer dans le monde.
Et même quand je ne me trouve pas, je reste. Je me tiens là, ici, maintenant. Je ne me trahis plus.

Je m’accueille même les soirs où j’ai honte, même les matins où je doute.
Pour la première fois, je m’accueille comme on accueille une vieille amie qu’on avait exilée trop longtemps…

Et c’est dans cette lente tendresse que je commence à naître.
Et c’est tout ce qu’il me fallait pour que la vie recommence à respirer doucement en moi.

Y.p

Publié avec l’accord de l’autrice, dans l’espace Textes & Silence.

Texte publié avec l’accord de l’autrice.
Toute reproduction, diffusion ou utilisation sans autorisation est interdite.
© Y.p — Tous droits réservés.
Merci à Y.p pour ce texte offert avec le cœur.
Qu’il trouve ici un lieu pour respirer, et rejoindre d’autres silences.