Ce qui reste quand tout déborde
Un fragment.
Une traversée intérieure.
Il y a des jours où l’intérieur déborde
sans prévenir.
Rien ne s’effondre vraiment.
Tout continue de tenir, en surface.
Mais quelque chose cède, lentement,
dans les zones qu’on ne montre pas.
Alors on apprend à contenir autrement.
Pas en dressant des murs.
En laissant de l’espace.
On rassemble ce qui peut encore flotter :
un souvenir qui tient chaud,
une respiration plus lente,
un mot posé sans bruit,
un geste minuscule qui ne demande rien.
On ne sauve pas tout.
On choisit ce qui mérite de rester vivant.
Le reste s’éloigne de lui-même,
porté par le courant des jours.
Et quand le vacarme se retire,
on se découvre debout,
un peu différent,
mais encore là.
— Élisabeth De Cordoba
© Élisabeth De Cordoba — Texte original publié sur Textes & Silence.
Toute reproduction sans autorisation est interdite.


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