Les personnes que l’on ne revoit plus
Il y a des personnes que l’on ne quitte pas vraiment.
Elles s’éloignent… doucement.
Sans dispute.
Sans mot trop fort.
Juste… avec le temps.
Au début, on ne le remarque pas.
On se dit que c’est passager.
Que la vie est chargée.
Que chacun a ses jours, ses absences.
Alors on attend.
Un message.
Un appel.
Un retour.
Et puis un jour…
on réalise que cela fait longtemps.
Trop longtemps.
Il n’y a pas eu de fin.
Pas de dernière conversation.
Pas de point final.
Juste une absence qui s’est installée,
sans demander la permission.
Parfois, on repense à eux.
À une phrase.
À un rire.
À quelque chose de simple…
qui n’existe plus ailleurs.
Et c’est étrange, parce que rien de grave ne s’est passé.
Rien que l’on pourrait expliquer.
Mais quelque chose s’est éteint.
Sans bruit.
Peut-être que certaines relations ne sont pas faites pour durer.
Pas parce qu’elles étaient moins importantes…
Mais parce qu’elles appartenaient à un moment précis.
Une version de nous.
Et quand cette version change…
elles disparaissent avec elle.
Il ne reste pas de colère.
Juste une forme de douceur mélangée à un léger vide.
Comme une porte restée entrouverte
sur quelque chose qui n’existe plus.
Et parfois, dans le silence…
on se demande
si eux aussi
y pensent encore.
Texte original — tous droits réservés.
© Élisabeth de Cordoba, autrice indépendante.
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