Au Sommet de la montagne
Tes 20 ans ne sont pas faits pour tout comprendre.
Ce que personne ne te dit sur la vingtaine
Il existe des périodes de la vie où l'on a l'impression de devoir tout comprendre, tout réussir et tout construire en même temps.
La vingtaine est souvent présentée comme l'âge des possibilités infinies. Pourtant, elle est aussi faite de doutes, d'hésitations, d'essais et d'apprentissages.
Dans ce texte sincère et inspirant, Oyedele Jonathan nous rappelle une vérité essentielle : personne n'a toutes les réponses, et il est parfaitement normal d'avancer avec des questions plutôt qu'avec des certitudes.
Texte d'Oyedele Jonathan, publié avec l'autorisation de l'auteur.


Salut l’Alpiniste,
À 18 ans, on devient officiellement adulte.
Mais voilà ce que personne ne te dit :
À 20 ans, tu es un adulte de 2 ans.
À 23 ans, tu es un adulte de 5 ans qui essaie de comprendre la vie.
À 28 ans, tu es un adulte qui a 10 ans d’expérience dans le monde réel.
10 ans.
C’est rien.
Dans la vingtaine, on nous demande de savoir ce qu’on veut faire de notre vie.
Dans la vingtaine, on se sent perdu parce qu’on ne sait pas vraiment ce qu’on veut ou ce qu’on doit faire.
Dans la vingtaine, on est bombardé de comparaisons. Les réseaux sociaux nous montrent des gens qui réussissent, qui voyagent, qui lancent des boîtes, qui sont heureux. Et nous, à côté, on se demande ce qu’on fout.
Dans la vingtaine, on veut tout. Tout de suite. La réussite professionnelle. La famille. La voiture. La liberté financière. L’appartement. Les voyages. Le corps. La relation parfaite.
On veut accomplir en 5 ans ce que certains ont mis toute une vie à construire.
Dans la vingtaine, on est parfois frustré. On se demande pourquoi nous. Pourquoi malgré tous nos efforts, on n’y arrive pas. On a l’impression de ramer à contre-courant pendant que les autres avancent facilement.
Dans la vingtaine, on se compare. Leur réussite. Leurs relations. Leurs biens matériels. On scrute leur vie sur les réseaux et on oublie de regarder la nôtre.
Dans la vingtaine, on porte le poids des attentes. Des parents. De la société. Des amis. Et parfois, on sait même plus si ce qu’on poursuit, c’est vraiment ce qu’on veut. Ou ce que les autres veulent pour nous.
Dans la vingtaine, l’anxiété s’installe. L’avenir fait peur. Les choix semblent irréversibles. On a l’impression que chaque décision va définir le reste de notre vie.
Dans la vingtaine, on est constamment stimulé. Téléphone. Musique. Réseaux. Bruit. On n’a plus le temps de s’ennuyer. Et paradoxalement, c’est dans ce silence qu’on se retrouve vraiment. J’en parlais dans une newsletter précédente :
Mais on oublie aussi que :
La vingtaine, c’est aussi se tromper. Essayer des choses. Apprendre à se connaître.
La vingtaine, c’est aussi faire des rencontres qui changent tout. Trouver ses vrais amis. Peut-être l’amour de sa vie.
La vingtaine, c’est aussi des expériences qu’on n’oubliera jamais. Voyager. Découvrir d’autres cultures. D’autres façons de vivre.
La vingtaine, c’est aussi apprendre à rester seul avec soi-même. Loin du bruit. Loin des attentes. Juste soi.
La vingtaine, c’est aussi construire. Brique par brique. Pas de manière linéaire. Pas toujours proprement. Mais construire quand même.
La vingtaine, c’est aussi des fous rires à 3h du matin avec des gens qu’on aimera toute sa vie.
La vingtaine, c’est aussi la première fois qu’on réalise qu’on est capable de plus qu’on ne le pensait.
La vingtaine, c’est aussi les premières vraies leçons. Celles qu’aucun cours n’enseigne. Celles qui viennent uniquement de la vie réelle.
La vingtaine, c’est aussi découvrir ce qu’on aime vraiment. Pas ce que nos parents voulaient. Pas ce que la société attend. Ce qu’on aime, nous.
Et il y a un truc dont personne ne parle.
Personne ne sait vraiment ce qu’il fait.
Tout le monde vit sa vie pour la première fois.
On a souvent l’impression que certaines personnes ont tout compris. Qu’elles savent où elles vont. Qu’elles ont une direction claire.
Et nous, à côté, on doute. On ajuste. On avance au feeling. Et parfois on se dit qu’on est carrément en retard.
Mais voilà ce qu’on ne voit pas.
Ce n’est pas que ces personnes sont plus sûres d’elles.
C’est qu’elles sont juste meilleures pour donner cette impression.
Parce que dans la vie sociale, personne ne montre tout. On montre une façade cohérente. Une version présentable. Déjà organisée, déjà stable.
Alors que de notre côté, à l’intérieur, on est encore dedans. Dans les hésitations. Dans les recalculs. Dans les moments où rien n’est vraiment clair.
Et forcément, la comparaison est faussée.
On compare notre flou à la clarté des autres. Alors que cette clarté est construite. Elle est simplifiée. Elle est montée pour faire sens.
En dessous, pour tout le monde, c’est la même chose.
On est tous des gens qui avancent avec des informations incomplètes. Qui prennent des décisions sans être totalement sûrs. Qui doutent en privé. Et qui ont l’air solides parfois en public.
Ça, on ne le voit presque jamais.
Parce que ça ne fait pas partie de ce qu’on montre.
Donc non. Ce n’est pas que certains ont tout compris.
C’est juste que certains sont plus à l’aise avec l’idée de présenter quelque chose de cohérent.
Alors voilà ce que je veux te dire.
Le doute que tu ressens, c’est pas un retard.
C’est juste la partie du processus que les autres ne montrent pas.
Se sentir perdu dans la vingtaine, c’est pas un signe que tu es en train de rater ta vie.
C’est un signe que tu es humain.
Que tu cherches.
Que tu construis.
Que tu grimpes.
Pas encore au sommet de ta montagne. Mais sur le chemin.
Et c’est exactement là où tu devrais être.
Eux sont peut-être au niveau 100 de leur vie. Toi au niveau 10. Tu as des paliers à gravir. Et c’est OK. Parce que tu n’as pas vu les sacrifices, les nuits difficiles, les moments de doute qu’ils ont traversés pour arriver là.
Alors respire.
Tes 20 ans ne sont pas faits pour tout comprendre.
Ils sont faits pour essayer. Pour te tromper. Pour apprendre. Pour te construire.
Fais de ton mieux.
Essaie de nouvelles choses.
Échoue. Et recommence.
Parce que c’est exactement comme ça qu’on grimpe sa montagne.
Pas en ayant toutes les réponses.
En continuant malgré les questions.
On se retrouve au camp de base.
Jonathan
Si cette newsletter t’a parlé, partage-la avec quelqu’un qui traverse sa vingtaine en se sentant perdu.
P.S.
Il y a quelque chose que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt.
Personne ne sait vraiment ce qu’il fait.
Tout le monde improvise.
Tout le monde doute.
Tout le monde avance avec des informations incomplètes.
La différence entre ceux qui “réussissent” et les autres, c’est pas qu’ils ont moins peur.
C’est qu’ils avancent quand même.
Alors avance.
Même si c’est flou.
Même si c’est imparfait.
Même si tu sais pas exactement où tu vas.
La montagne se découvre en la gravissant.
Pas en la regardant de loin.
À une époque où les comparaisons sont omniprésentes, ce texte nous invite à faire preuve de patience envers nous-mêmes.
Chaque parcours est unique. Chaque montagne se gravit à son rythme.
Merci à Oyedele Jonathan pour ce regard lucide et réconfortant sur une période de vie souvent aussi belle que déroutante.
Vos impressions sont précieuses. N'hésitez pas à partager votre ressenti après la lecture.
Retrouvez d'autres textes d'Oyedele Jonathan et poursuivez la découverte de son univers d'écriture. https://substack.com/@oyedelejonathan


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