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On a deux vies. La seconde commence quand on réalise qu'on n'en a qu'une.

Pourquoi j'ai failli passer à côté de la mienne

Oyedele Jonathan

Certains textes ne cherchent pas à se faire remarquer… ils viennent simplement toucher.
Ils viennent simplement dire la vérité.
Pas une vérité parfaite.
Une vérité humaine.
Celle des moments où l’on doute.
Celle des moments où l’on ne sait plus vraiment si l’on avance… ou si l’on se perd.
Dans ce texte, Oyedele Jonathan ne parle pas depuis un sommet.
Il parle depuis le chemin.
Et parfois, c’est exactement là que les mots résonnent le plus.
Salut l’Alpiniste,
J’espère que tu te portes bien ?
Moi, honnêtement, ça ne va pas.
Ou du moins, je sais pas si ça va ou pas.
Ces derniers temps, j’ai regardé une série qui m’a retourné. Je vais pas te donner le nom. Peut-être plus tard, si certains d’entre vous sont curieux. Mais ce qui m’a marqué, c’est pas l’intrigue. C’est une citation.
Une citation de Confucius :
« On a deux vies. La seconde commence quand on réalise qu’on n’en a qu’une. »
Dans cette série, il y a un jeune. Obsédé par la réussite. Il veut décrocher un travail avant même de finir ses études. Il met toutes les chances de son côté. Travaille dur. Enchaîne les petits boulots pour survivre.
Il a une copine magnifique qui l’aime pour ce qu’il est, qui l’encourage, qui croit en lui.
Mais lui ?
Il voit que ça.
La réussite.
L’entretien parfait. L’entreprise de ses rêves. Le statut. La validation.
Il se met tellement de pression qu’il ne profite pas de sa vie. Il ne prend pas le temps d’apprécier ce qu’il a déjà.
Puis un jour, tout bascule.
Juste avant son entretien, il assiste à un accident de la circulation. Une personne gravement blessée meurt dans ses bras. Le choc est brutal. Il arrive à l’entretien perturbé, ému, pas concentré.
Il rate tout.
Refus.
Sa vie s’effondre. Il enchaîne les petits boulots. Il craque sous la pression. Il rompt avec sa copine parce qu’il pense qu’il ne la mérite pas, qu’il l’a fait trop attendre.
Et un jour, il décide de mettre fin à ses jours.
Je vais pas te spoiler la suite.
Mais ce que je veux te dire, c’est ça :
En regardant ce personnage, je me suis reconnu.
Pas dans tous les détails. Mais dans l’obsession.
Dans cette course permanente vers “la réussite”.
Dans cette incapacité à lever la tête pour respirer, pour regarder autour de moi, pour apprécier le parcours que j’ai déjà parcouru.
Parce que ces derniers temps, je sens que je suis pas aligné avec moi-même. Pas aligné avec ma montagne. Je pose pas les actions que je devrais poser pour être l’homme que je veux devenir.
Je vais pas nier les efforts que j’ai faits.
J’ai repris le sport. Je prends soin de mon hygiène corporelle, alimentaire, vestimentaire. Je prends plus de risques. J’essaie des choses qui me plaisent.
Mais ça suffit pas encore.
Ma dernière newsletter m’a fait réfléchir. Comme d’habitude, je veux toujours vous apporter de la valeur. Mais quand je la relis, je la trouve pas terrible. J’ai même failli la supprimer.
La bonne option n'existe pas. Et c'est une bonne nouvelle.
Oyedele Jonathan
·
12 avr.
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Et puis je me suis dit : non.
Ça fait partie de mon histoire.
Je suis pas parfait.
Et c’est justement pour ça que je suis là. Pour qu’on puisse s’entraider, avancer ensemble vers le sommet de notre montagne.
Alors aujourd’hui, je vais être honnête avec toi.
Je suis un peu déçu de moi en ce moment.
Mais c’est dans ces moments-là que je me remets en question. Que je me dis : OK, ça va pas. Qu’est-ce que je fais pour changer la situation ?
Parce que c’est beau de reconnaître que ça va pas.
Mais après, on fait quoi ?
Se morfondre ?
Non.
Je sais pas combien de temps je vais rester dans cet état. Mais je sais que je vais tout faire pour m’en sortir.
Parce que cette série m’a rappelé quelque chose de crucial :
La vie mérite d’être vécue.
On est tellement plongé dans le bruit.
Surtout les gens de notre génération.
Réussir vite. Vivre pour les caméras. Tout avoir tout de suite. L’anxiété pour l’avenir. La réussite professionnelle.
Des choses légitimes. Des choses importantes.
Mais à force de se concentrer sur ce bruit, on a la tête sous l’eau. On ne prend pas le temps de lever la tête pour respirer. Pour regarder autour de nous. Pour apprécier les moments. Le parcours déjà parcouru. Notre ascension vers notre montagne.
Et c’est quand on est vieux, à la porte de la mort, qu’on prend conscience qu’on n’a vécu qu’une seule vie.
Qu’on a passé cette vie à courir.
Derrière l’argent.
Derrière la promotion.
Derrière le regard des gens.
Je dis pas que l’argent n’est pas important. Je dis pas que l’ambition est mauvaise.
Mais cher Alpiniste, je veux vraiment que tu sois heureux dans ta vie.
Vraiment.
Pas juste “heureux quand tu auras réussi”.
Heureux maintenant.
Dans ton ascension.
Et je veux parler d’un truc important.
Un truc dont on ne parle pas assez.
La santé mentale.
Le personnage de cette série a décidé de mettre fin à ses jours parce qu’il pensait qu’il avait échoué. Qu’il ne méritait plus de vivre.
Et ça m’a rappelé quelque chose.
Un mot que j’ai découvert récemment :
Sonder.
C’est un mot rare qui vient du Dictionary of Obscure Sorrows.
Ça désigne la prise de conscience que chaque personne que tu croises dans ta vie mène une vie aussi riche, aussi complexe, aussi chargée d’émotions que la tienne.
Cette fille qui te sert ton café le matin ? Elle a une vie entière. Des rêves. Des peurs. Des combats.
Ce type dans le métro qui a l’air triste ? Il porte peut-être un poids que personne ne voit.
Ce pote qui sourit tout le temps ? Il cache peut-être quelque chose.
Parce que c’est ça le truc.
Ce n’est pas parce que quelqu’un a l’air heureux que tout va bien.
Alors aujourd’hui, je veux te demander quelque chose.
Prends des nouvelles de tes proches.
Un seul message. Un compliment. Un sourire. Un geste.
Ça peut sauver la vie de quelqu’un.
Si tu penses à une personne en particulier en lisant ces lignes, écris-lui. Prends de ses nouvelles. Écris juste “Salut, ça va ?” N’attends pas d’avoir besoin d’un truc, d’un service pour le faire.
Surtout aux hommes.
On a tendance à ne pas parler. À tout accumuler. De peur d’être jugé. De peur de paraître faible.
Et cette accumulation mène à un point de non-retour.
Je sais que je ne vais pas arrêter tous les suicides dans le monde.
Mais si à travers cette newsletter, je peux sauver la vie d’une personne, ce serait une grande réussite pour moi.
Cette série m’a beaucoup impacté.
Elle m’a fait prendre conscience de la chance que j’ai d’être en vie. D’avoir des proches qui m’aiment. D’avoir une montagne à grimper.
C’est vrai que je n’ai pas encore atteint tous mes objectifs.
C’est vrai que parfois, je doute.
C’est vrai que parfois, je me sens pas aligné.
Mais j’ai parcouru un bon chemin dans mon ascension vers le sommet de ma montagne.
Et je suis sûr que moi à 17 ans, qui a décidé de prendre sa vie en main, serait fier de la personne que je deviens.
Même si je suis pas parfait.
Même si parfois, ça va pas.
Et toi ?
T’es où là ?
Est-ce que tu traverses un de ces moments où tu sais pas trop si ça va ou pas ?
Si c’est le cas, sache que tu n’es pas seul.
Moi non plus, je suis pas toujours au top.
Je me suis lancé sur les réseaux pas comme un gourou. Pas comme un expert.
Mais comme quelqu’un qui veut partager son parcours, sa vision du monde, son message à travers Le Sommet de la Montagne.
Comme tout humain, il m’arrive de flancher. De douter. De procrastiner. De me tromper.
Mais ce qui compte, c’est que j’arrive à me reprendre dans ces moments-là.
À chaque fois que je suis devenu plus fort, c’était toujours dans ces moments difficiles. Quand je me sentais au plus bas. Quand j’étais perdu. Quand je doutais.
Et parce que je veux pas rester dans ce trou, je fais tout pour changer la situation.
En écrivant ces lignes, je réalise que ma dernière newsletter n’était pas si mauvaise que ça.
C’est grâce à elle que j’ai pu écrire celle-ci.
Alors aujourd’hui, je veux te laisser avec ça :
On a deux vies.
La seconde commence quand on réalise qu’on n’en a qu’une.
Arrête de passer à côté de ta vie en attendant “le bon moment”.
Arrête de courir sans lever la tête.
Arrête de penser que tu mérites pas d’être heureux maintenant.
Prends le temps d’apprécier ce que tu as déjà.
Les gens qui t’aiment.
Les petites victoires.
Le chemin parcouru.
Et si tu connais quelqu’un qui galère en ce moment, envoie-lui un message. Aujourd’hui.
Tu sais jamais l’impact que ça peut avoir.
Sur ce, prends soin de toi, cher Alpiniste.
N’abandonne pas ton ascension vers le sommet de ta montagne.
On se retrouve au camp de base.
Jonathan
Si cette newsletter t’a parlé, partage-la avec quelqu’un qui en a besoin.
P.S.
Si tu lis ces lignes et que tu penses au suicide, s’il te plaît, parle à quelqu’un.
N’importe qui.
Un ami. Un parent. Un professionnel.
Ta vie a de la valeur.
Même si tu ne le vois pas maintenant.
Même si tout semble noir.
Il y a des gens qui t’aiment.
Il y a des moments qui valent la peine d’être vécus.
Tu n’es pas seul.
Retrouve le camp de base sur X et THREAD : https://substack.com/@oyedelejonathan
Gravir seul est une option. Grimper ensemble est une force.
Peut-être que ce texte ne te donne pas toutes les réponses.
Mais il te rappelle quelque chose d’essentiel :
Tu es encore en train de vivre.
Et parfois, c’est déjà énorme.
Prendre le temps de respirer.
Regarder le chemin parcouru.
Et continuer, même doucement.
Vos impressions sont précieuses. N’hésitez pas à partager votre ressenti après la lecture.
Texte de Oyedele Jonathan.
Publication réalisée avec l’autorisation de l’auteur.
© Tous droits réservés à l’auteur. Toute reproduction, diffusion ou utilisation, même partielle, est interdite sans autorisation préalable.
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