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Le Pont du Diable

Dans de nombreuses vallées d’Europe, on raconte encore aujourd’hui l’histoire d’un pont mystérieux que les hommes n’auraient jamais pu construire seuls.
On l’appelle simplement : Le Pont du Diable.

La légende dit que cette histoire remonte à une époque où les villages étaient isolés par des montagnes abruptes, des rivières sauvages et des gorges profondes. Dans une vallée entourée de falaises sombres, un torrent violent coupait le passage entre deux villages. L’eau y rugissait nuit et jour, frappant les rochers avec une telle force que personne n’osait tenter de la traverser.

Pourtant, les habitants avaient besoin de ce passage.
De l’autre côté de la rivière se trouvaient les terres fertiles, les marchés, et parfois même les êtres qu’ils aimaient.

Pendant des années, les hommes tentèrent de construire un pont.
Ils empilèrent des pierres, dressèrent des poutres, creusèrent dans la roche. Mais chaque hiver, la rivière en crue emportait tout. Les ponts s’effondraient, les piliers disparaissaient, et les espoirs des habitants se brisaient comme les pierres roulées par le torrent.

Un soir d’orage, alors que les nuages recouvraient la vallée et que le vent faisait trembler les arbres, un étranger apparut sur la place du village.

Il portait un long manteau sombre et ses yeux brillaient d’une étrange lueur. Personne ne l’avait vu arriver.

— Pourquoi êtes-vous si tristes ? demanda-t-il d’une voix calme.

Le chef du village lui expliqua leur malheur : la rivière, les ponts détruits, les années de travail perdues.

L’étranger sourit lentement.

— Je peux construire ce pont pour vous, dit-il. Un pont si solide qu’aucune tempête ne pourra le détruire.

Les villageois se regardèrent avec espoir… mais aussi avec méfiance.

— Et quel serait votre prix ? demanda enfin le chef.

L’homme répondit sans hésiter :

— La première âme qui traversera ce pont m’appartiendra.

À ces mots, un silence lourd tomba sur le village.
Les anciens comprirent immédiatement à qui ils avaient affaire.

Car cet étranger n’était autre que le Diable lui-même.

Mais le désespoir était grand. Après de longues discussions, les habitants acceptèrent le marché.

Cette nuit-là, le Diable se mit au travail.

On raconte qu’il souleva des blocs de pierre que cent hommes n’auraient pas pu déplacer. Les rochers semblaient voler dans l’air avant de se poser parfaitement les uns sur les autres. Le vent hurlait autour de lui tandis qu’il travaillait avec une rapidité surnaturelle.

Avant même que le soleil ne se lève, le pont était terminé.

Un pont magnifique, d’une arche parfaite, solide comme la montagne elle-même.

Le Diable se tint au milieu de l’ouvrage, les bras croisés.

— Maintenant, dit-il, faites passer le premier voyageur.

Les habitants s’étaient préparés.

Au lieu d’envoyer un homme… ils lâchèrent un chien affamé qui traversa le pont en courant vers l’autre rive.

Le Diable comprit immédiatement qu’il avait été trompé.

Sa colère fit trembler la vallée.
On raconte qu’il hurla si fort que les falaises en résonnèrent pendant des heures.

Dans sa rage, il saisit un énorme rocher et tenta de détruire le pont qu’il venait de construire. Mais le soleil se levait déjà à l’horizon, et avec la lumière du jour, son pouvoir disparaissait.

Le Diable fut contraint de fuir… laissant derrière lui le pont intact.

Depuis ce jour, le pont existe toujours.
Et dans certaines vallées, les anciens disent que, certaines nuits de tempête, lorsque le vent souffle entre les pierres…

on peut encore entendre la colère du Diable résonner dans la gorge.

Les légendes ne disparaissent jamais vraiment.
Elles continuent de vivre chaque fois qu’un lecteur ouvre la porte d’une histoire.

Merci de me lire et de partager ces récits.

Élisabeth De Cordoba
Autrice francophone — TheLibrisWorld

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