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Le Carnet de Miss Hortense

Ce qui suit a été trouvé dans le tiroir du bureau de Miss Hortense. Elle n'a pas confirmé ni infirmé son existence. Ce qui est, dans son expérience, sa façon habituelle de traiter ce genre de question.
GASPARD VALCOURT Note de Miss Hortense — H. Valmont
Gaspard Valcourt est un homme qui n'a jamais raté un train de sa vie. Ce détail, anodin en apparence, dit beaucoup de choses sur lui. Il a été procureur pendant vingt ans. Il est détective privé depuis dix ans. Il travaille avec moi depuis onze ans — ce qui est, des trois, la période la plus productive. Il pose les bonnes questions. Il écoute les réponses. Il fait confiance à ce que je remarque avant qu'il le remarque lui-même — ce qui est, dans notre métier, une qualité rare et précieuse. Il boit trop de café. Il dort suffisamment. Il sourit rarement mais quand il le fait c'est pour une bonne raison. Ce qui est tout ce qu'on a besoin de savoir sur un homme.
H. Valmont
MISS HORTENSE Note de Gaspard Valcourt

Miss Hortense est ma secrétaire depuis onze ans. Elle classe mes dossiers, répond à mon courrier, prépare mon thé, et remarque des choses que je n'ai pas remarquées. Je ne sais pas son âge. Je ne connais pas son prénom complet — elle signe tout H. Valmont et j'ai depuis longtemps décidé que ce n'était pas mon affaire. Elle a un chat noir du nom de Voltaire. Elle prend son thé Earl Grey avec deux minutes d'infusion précisément — pas une de plus. Elle enjambe le troisième marche de notre escalier sans y penser. Elle n'a jamais tort sur les gens. Ce qui est, dans notre métier, la qualité la plus importante qui soit.

G. Valcourt

LE DOSSIER CONFIDENTIEL DE MISS HORTENSE Carnet noir — Affaire de l'Azur Express — Octobre 1932
Ce que je savais avec certitude.
Le comte Henri-Gaston de Montferrand était un homme que tout le monde dans ce train avait une raison de détester. Ce qui complique toujours les choses — pas parce que les suspects manquent, mais parce que les mobiles sont trop nombreux pour être utiles.
La comtesse gardait ses gants blancs à portée de main immédiate pendant tout le dîner. Ce n'était pas de l'habitude. C'était de la préparation.
Mademoiselle Beausoleil a regardé le comte pendant deux secondes exactement. Pas de la haine. Pas de la peur. Quelque chose de plus froid que les deux. Quelque chose qui avait déjà décidé.
Lucien de Montferrand a commandé deux cognacs. Le second était pour son père. Son père a refusé. Ce n'était pas un geste d'affection — c'était une tentative d'empêcher quelque chose. Ce qui veut dire qu'il savait.
Ce que je supposais avec de bonnes raisons.
Deux femmes. Deux paires de gants blancs. Deux rôles distincts dans un plan préparé avec soin. La première a apporté le poison. La deuxième a fermé la porte. Ce n'était pas une improvisation. C'était une décision prise depuis longtemps et attendant simplement l'occasion.
Ce que personne d'autre n'avait remarqué.
Le troisième marche de l'escalier du bureau de Monsieur Valcourt grince. Tous les visiteurs marchent dessus. Je l'enjambe depuis onze ans sans y penser. Ce qui est, dans notre métier, exactement la différence entre ceux qui remarquent et ceux qui ne remarquent pas.
H. Valmont Rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris Octobre 1932
LES ROMANS DE LA SÉRIE
Poison sur l'Azur Express — 1932 Une nuit. Un train de luxe. Un homme mort dans un compartiment verrouillé. Et Miss Hortense qui avait déjà tout compris avant que le train arrive à Marseille.
D'autres enquêtes à venir... Miss Hortense note les choses dans son carnet. Elle attend le bon moment pour les utiliser. Ce qui, dans son expérience, finit toujours par arriver.
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