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Quand deux fragilités se répondent

Un dialogue au cœur de l'intime

Certains textes dérangent par les mots qu'ils emploient. D'autres bouleversent par les vérités qu'ils osent dire. Celui de Motumi appartient à cette seconde catégorie.
À travers un dialogue inattendu, l'autrice prête une voix à ce que l'on réduit trop souvent au silence ou aux clichés. Peu à peu, la provocation laisse place à une réflexion profonde sur les attentes, les blessures, la tendresse et le besoin fondamental d'être reconnu dans toute son humanité.
Avec Quand deux fragilités se répondent, Motumi nous rappelle que derrière les apparences, les rôles imposés et les injonctions sociales, il existe deux êtres qui aspirent avant tout à être entendus, compris et aimés.
Prenez le temps d'entrer dans cet échange. Il ne cherche pas à convaincre. Il invite simplement à regarder autrement.
Salut,
Je suis ce pauvre type qu’on sort quand il faut prouver quelque chose, et franchement, j’en ai marre. Alors ce soir, j’ouvre ma gueule !
On me demande d’être un héros, un marathonien, un magicien, un soldat, un distributeur de joie, je suis juste un organe, merde !
J’ai été la couronne de vos rois, la menace de vos lâches, le jouet de vos nuits, l’alibi de vos violences, et on m’a beaucoup trop chargé pour un bout de chair qui panique dès qu’il fait froid.
Je peux donner du plaisir, Le genre qui fait perdre son nom et sa politesse, mais seulement quand je ne suis pas parasité par l’ego.
Donnez-moi un homme présent, et je deviens lumière, donnez-moi un homme qui a peur, et je deviens une arme sans le vouloir, et je déteste ça.
On dit que je peux tout !
Offrir la nuit de ta vie ou foutre quelqu’un en pièces, mais je suis un miroir, pas un glaive.
Alors, utilisez-moi comme un pont, pas comme une épée, je ne suis pas fait pour conquérir, je suis fait pour rejoindre, pour connecter, pour brûler à deux.
Le reste, c’est de la propagande virile, et j’en ai ras le prépuce.
L’homme me brandit comme un sceptre, mais je préférerais être un poème, et si je parle aujourd’hui, c’est pour dire ça :
Arrêtez de m’utiliser comme costume de force, je ne suis fort que quand l’homme l’est vraiment, c’est-à-dire quand il accepte d’être tendre.
Salut toi,
J’ai entendu ton cri, et j’ai pleuré…
C'est vrai, l'homme t'a mis sur un piédestal qui n'était qu'une cage dorée.
Mais si tu savais...
Tu n’es pas le seul à crever sous le poids de leurs fantasmes.
Pendant que tu t'épuisais à jouer les héros, moi, on m'effaçait.
On m’a voulue silencieuse, honteuse, ignorée.
Toi, on t’a condamné à la force.
Moi, on m’a condamnée à l’absence.
On m’a cachée derrière des siècles de gêne pudique, réduite à un simple point sur une carte, un bouton de courtoisie...
Tu dis que tu deviens une arme quand l’homme a peur ?
Sers-moi contre toi, alors.
Parce que moi, quand la femme s'oublie ou fait semblant pour vous plaire, je me meurs.
Je deviens une citadelle de glace.
On ne nous a pas appris à nous parler, on nous a appris à nous utiliser.
Tu as raison, on est des miroirs.
Mais quand tu es dans ton ego, tu ne regardes que ton propre reflet, et tu rates le mien.
Moi non plus, je ne veux plus être un décor pour leur porno de performance.
Je ne veux plus être une case à cocher.
Je veux être un voyage.
Tu dis que tu n’es fort que quand l’homme accepte d’être tendre.
Laisse-moi te dire mon secret :
Je ne deviens immense que quand la femme ose enfin être vraie.
On est deux bouts de chair fatigués, perdus dans la tempête de leur propagande.
On n'a jamais été faits pour la guerre ou la conquête.
Mais pour ce moment où les masques tombent, où la peau n'a plus rien à prouver et où deux fragilités se rejoignent pour enfin respirer.
Alors ne baisse pas la tête, mon cher prépuce fatigué.
La prochaine fois qu'ils nous enverront au combat, on fera la grève.
On restera blottis l'un contre l'autre, dans le noir, et on attendra qu'ils apprennent enfin à s'aimer.
Tu n'es plus tout seul.
Je suis là !
Les textes qui marquent sont souvent ceux qui nous obligent à déplacer notre regard. En donnant la parole à deux voix que tout semble opposer, Motumi nous invite finalement à dépasser les clichés pour retrouver ce qui devrait toujours être au centre de la rencontre : l'écoute, la vérité et la tendresse.
Les mots vivent grâce à leurs lecteurs
Si ce texte vous a touché, partagez-le, laissez un commentaire et faites découvrir l'univers de son autrice. Chaque lecture, chaque échange et chaque partage permettent à la littérature indépendante de continuer à vivre.
Un grand merci à Motumi pour sa confiance et pour le partage de ce texte, que nous sommes heureux d'accueillir au sein de TheLibrisWorld. https://substack.com/@motumi
Quand deux fragilités se répondent n'apporte pas de réponses définitives. Il ouvre un espace de réflexion où chacun est libre d'entendre ce qui résonne en lui.
Publié sur TheLibrisWorld avec l'autorisation de l'autrice.
Toute reproduction, diffusion ou utilisation, en tout ou en partie, de ce texte est interdite sans l'autorisation préalable de son autrice.
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