L’écume d’une déclaration CCXXII
Par Damien Mohn
Écrivain / Photographe
mars 2026
Texte invité publié dans l’espace Textes & Silence de TheLibrisWorld.
Entendre une chose et ne pas l'approfondir pour éviter de comprendre la chose telle une absurdité parce que la réflexion demandait un effort, ce qui ne l'était pas, car comprendre qu’entendre permettait de raisonner, sans dénouer le sens que « voir » permettait d’apprendre plus de choses qu’entendre, parce qu’à voir, l’imaginaire se nourrissait de réel alors qu’entendre, l’imaginaire se limitait à son propre esprit, alors à faire sens ailleurs comme une chose dite qui pouvait démontrer le contraire, ne pas être inquiet pour rire des contraintes quand les billets cognitifs semblaient sortir des standards, comme si de l'intérieur elle discutait en reliant les esprits par de limpides paroles, à écrire sur le papier les tribulations extérieures du Printemps qui approchait, rien ne pouvait l'arrêter, car à emprunter le même chemin, comme elle, j'échappais pas au déni, à l'enfant que j'aurais pu être et qui n’avait pas été car survivant de la clinique, le château en Espagne semblait le rêve qui ne pouvait exister, alors comme seule consolation à souffrir de ne pas pouvoir la combler tant ses exigences dépassaient ce qui pour le bien-être intérieur une imagination ne pouvait la concevoir, alors à l’attendre et vu sa méfiance au vu de ses expériences, avant qu'elle ne bouge c'était long, alors cheminant, j'explorais autre chose…
La flamme de la bougie se consumait, dansant en ronde avec sa complice, respirant pleine de vitalité, parfois se cachant pour mieux se dissimuler, ou une sorte de fluide semblait aspirer le sombre karma pour repousser l'ennemi, alors à la lueur vacillante de cette petite énergie, la résonance semblait éternité, le temps avait l'inconvénient de mesurer la durée, ainsi comment tenir dans l'obscurité à écrire, retenant du temps qu'un mouvement parallèle est une marche en avant, comme si une magie opérait à croire impossible un fait et le réaliser, ou le mental projetait que deux lignes allaient se croiser et les lignes se croisaient sans se toucher, sans même se choquer avec le regard qui assistait au crime, alors à écrire le récit d’un monde à venir qui n’était pas encore, son esprit était proche, les paroles se mêlaient au silence, a quelle moment tout allait cesser, qu’elle se lève et qu'on se prenne dans les bras, même qu'on s'embrasse comme si c'était la première fois, à être son confident pour lui murmurer à l'oreille la tristesse des jours qui passaient, elle rendait vrai les instants à faire des actes une réalité, à s'aimer, on se reprochait de ne pas avoir assez de désirs, comme si l’intensité pour elle était un coup de foudre et qu’une graine semée ne pouvait avec le temps se fortifier, alors face à cet amour siamois, la sensualité enveloppait les racines mêmes de notre amour, on aimait la belle musique, on aimait nos bêtes à s’étonner quand on les observait, nos différences nous unissaient, les contradictions aussi, libre et esclave d’aucun regard, à découvrir que rien n'était acquis, la complexité de nos êtres nous frustraient, chaque matin la grâce matinée nous accompagnaient, elle lisait, elle jardinait, elle se promenait, j'écrivais pour tuer le temps, rien ne dictait les lendemains, alors à vivre chaque jour comme si c'était le dernier depuis de nombreuses années, le temps semblait une chose abstraite, à croire parfois qu’il passe lentement et qu’attendant le moment, surprise, le temps rappelait qu’il passait vite, ainsi à vivre au jour le jour, à se réjouir des petits bonheurs de la vie, n'étant contraint par aucune servitude, je remerciais la nation pour le goût des lettres car la joie procurée par l'écriture ne se retrouverait dans aucune autre saveur de l'existence comme si concentré dans une bulle, le temps défilait si bien qu’à peine commencer à écrire soit la journée soit la nuit était passée, si bien qu’à plonger dans une fiction toute sorte de styles faisait, qu’aucune frontière ne limitait l'imagination, la volupté du sensible éloignait des passions tristes, alors citoyen du monde la raison libérait, à respirer et à penser, quoi désirer de plus ?
Que le spirituel ne veuille m'accorder les droits d'une transcendance parce que les astres en avaient décidé autrement, à être pétris d'humanité, je ne regrettais pas le refus à ma part d'éternité, cependant un peu truand, un peu brute et regrettant d’être trop bon, à l'église la misère accordée soulageait des vices et des tourments, ainsi à dépasser la vie parce que le passé en avait décidé ainsi, et que sorti du purgatoire, spectateur de la désolation du monde, chaque nouveau jour était une renaissance, à dépasser la mort, je remerciais Dieu d’autant de gratitudes et là se trouvait l'éternité.


Suite du texte de Damien Mohn.
Mais à vouloir répéter cette vie éternellement, en fait la foi restait un mystère parce qu'il y avait beaucoup de subtilités, et qu’à spiritualiser, si la religion enfermait dans un arrière monde, était-ce encore être libre d’avoir la liberté de penser sans être influencé, car à être enfermé dehors comme à être arrosé sans l’être, à la voir à travers le vitrage, qu'elle sourit, qu'elle colle ses mains sur la vitre, que l'émotion submerge, était-ce cela l’amour que d’aimer sans liberté, qu'elle ne puisse au bout de son étendard faire rayonner son regard, car solitaire comment aimer sans altérité, le Christ et l’esprit était de la même substance, comment penser que l’esprit soit en paix et que le Christ cherche la guerre, car ressusciter de la vie à la mort est une chose, mais ressusciter du purgatoire à la vie en est une toute autre différente, la contradiction de rayonner et d’être contraint à rester dans l’ombre, faisait que le corps souffrait, car séparer du Christ, l’esprit alors devait bien se résigner mais je doutais que l’église accepte que l’âme soit séparée du corps…
La liberté était-elle d’être en guerre et de faire acte de désir pour ses propres volontés à des fins personnelles, il était malheureux de voir que tant d’autres regards existaient sans être écouter, ainsi à écrire à démasquer certains visages dont la forme sculptait l’exploitation, à voir que le commun ne pouvait être rassemblé, à voir les espaces vides glissés comme sur la surface d’une rivière vers une fin ou le courant menait je ne sais ou, à observer les loups, à vouloir batailler, aussi beau que pouvait paraitre les discours, à penser avec les affects plutôt qu’avec l’intellect, d’avance le combat semblait mort, pourquoi chercher des histoires là où il n’y en avait pas, alors que la plume comme la charrue traverse les jours et les nuits, que le stylo porté par la main comme la lune clair illumine les campagnes puisse regarder droit dans les yeux, à tenter de ne pas rendre les choses objectives, à prendre soin de l’âme, il s’agissait de reconnaitre l’imperfection, que les choses superficielles pour atteindre le bonheur comme la richesse ou la gloire ne sont pas les rêves obligatoire de tout le monde, la fêlure à reconstruire un monde détruit, à vivre des instants, à vivre de moments simples sans courir après le pognon et surtout à ne pas s’habituer aux violences, à être choquer des indignités, à ne pas oublier les horreurs du passé, à déambuler dans une réalité rarement perçu par les autres, j'étais l’homme à l'habit blanc, pas curé, pas médecin, ni homme de loi, simplement l’homme à l'habit blanc, irréprochable, propre, un professionnel, un cœur à prendre qui aime la vie sans la maudire, et cet homme à l'habit blanc s'aimait pas mais aimait la vie plus que ceux qui s'aiment, parce que les souvenirs gardaient l'éclat des intenses émotions, aucune archive corrompue, aucune esbroufe glissée, l'homme à l'habit blanc attendait au coin d’une rue sa princesse, griffé par les ombres de l'absence, l'espoir nourrissait que quelque part elle attendait, ainsi à se retrouver esprit sain dans un corps sain, quel chemin prendre pour aller mieux, comment vivre apaisé quand le quotidien guidait vers la névrose, car l'angoisse étouffait et dans ce marasme obscur, pour tenter d'y voir clair, la clé semblait de débrancher les passions, pour trouver dans le calme le confort, à faire de chaque instant un nouveau regard, car la réalité rendait les illusions dangereuses, à ne pas les considérer comme vraies, tout pouvait être dit aussi bien que son contraire, ce qui convenait à faire du réel un mensonge à prétendre pouvoir tout dire sans avoir rien dit, mais n'était-ce pas un peu fou pour un fou de raisonner, car les fous on les catalogue comme des dérangés, ils réactivent les peurs sans doute est-ce pour cela que l'on s’en exclu, le fou est le fou des autres, ainsi la différence entre folie et raison est-elle une différence plus de degré que de nature, l’époque n’aidait pas pour rendre les fous plus sage, à les laisser dans la nature plutôt qu’à les soigner les fous n’étaient-ils pas livrés à l’abstrait, à la torture psychique qui a les rejeter était de ne pas les traiter, et si les fous n’étaient pas fou mais victime de la société, alors que la folie dicte le sens et que le non-sens semblait folie pour le fou, qui fou semblait bien ignorer que de penser le contraire, quoi penser alors des fous, était-ce du génie ou de la folie, car si la mort créait, la sagesse était de penser à la vie, mais alors à rendre un fou sage, ça semblait une autoroute vers l’absurde comme à vouloir atteindre le soleil, à se bruler les yeux à regarder le soleil, comme à vouloir museler la folie pour la faire asseoir et écouter, alors que la folie est tranquille ou rageuse, et qu’on attache pas la folie comme à vouloir interdire à un oiseau de chanter, et qu’à faire de la folie un savoir, quoi penser de la clairvoyance si elle était générée, que les dés étaient jetés, que rien n'était joué ou que les hasards n’existent pas, sans doute qu'à se perdre d’évasion, à ne pas trouver de distance, à chercher des réponses, c'était comme si la mort à la recherche de quelque chose de plus que la mort, contredisait la sagesse comme si dans l’acte d’oser, la conscience tremblait et que dépiter la mort comme un boomerang repliait la conscience sur elle-même, ainsi à méditer c'était penser à la vie, peut-être que le refuge intérieur plus qu'à frapper à des portes inconnus était le principe même de la vie, alors comme un incendie au loin où les braises s'allumaient, la nuit tombait, le spleen distillait l'audace et l'artifice, et à lui offrir mon cœur, une fois dehors elle disait, « je suis le reflet et j'aimerais te voir. »
Ce texte est publié dans l’espace Textes & Silence de TheLibrisWorld, un lieu consacré aux fragments, aux voix littéraires et aux écritures sensibles.
© Texte : Damien Mohn
Publication réalisée avec l’autorisation de l’auteur.
Lien: https://www.linkedin.com/in/damienmohn/
Élisabeth De Cordoba — Autrice indépendante
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