AU SOMMET DE LA MONTAGNE
Pourquoi ce que tu désirais tant finit par ne plus te rendre heureux ?
Ce que ton cerveau ne veut pas que tu saches sur le bonheur
Oyedele Jonathan


Aujourd’hui, TheLibrisWorld accueille un nouveau texte d’Oyedele Jonathan, qui nous invite à réfléchir à une question que nous nous sommes probablement tous posée un jour : pourquoi certaines choses que nous désirions profondément finissent-elles par nous sembler ordinaires une fois obtenues ?
À travers une réflexion sur le bonheur, le désir et cette tendance que nous avons à toujours regarder vers le prochain objectif, Oyedele Jonathan nous propose de considérer autrement le chemin déjà parcouru.
Peut-être que, parfois, avant de chercher une nouvelle montagne à gravir, il suffit simplement de regarder celle que nous avons déjà derrière nous.
Je vous laisse découvrir son texte :
Pourquoi ce que tu désirais tant finit par ne plus te rendre heureux ?
Texte d’Oyedele Jonathan — Auteur invité sur TheLibrisWorld
Tu as déjà remarqué que certaines choses que tu désirais énormément finissent par devenir normales une fois que tu les as obtenues ?
Un téléphone que tu voulais depuis des mois.
Une somme d’argent que tu rêvais d’avoir.
Un vêtement.
Une relation.
Un voyage.
Un objectif atteint.
Avant de l’avoir, tu te dis sûrement : “Quand j’aurai ça, je serai vraiment heureux.”
Tu l’obtiens.
Les premiers jours, tu es heureux.
Puis quelques semaines passent.
Et bizarrement, ça devient normal.
Comme si ça n’avait jamais été aussi important.
Et ton cerveau recommence à regarder ailleurs. Il veut quelque chose de nouveau.
Il veut toujours plus.
Il se dit :
“Maintenant que j’ai ce que je voulais, c’est quoi la prochaine étape ?”
On nous a tellement bercés d’illusions, surtout dans le développement personnel.
Ça va peut-être piquer un peu, mais tu ne seras probablement jamais heureux de façon permanente. Et ce n’est pas forcément un problème.
Ton cerveau a tendance à s’adapter aux changements de circonstances. Une bonne nouvelle peut provoquer un pic de satisfaction, mais avec le temps, cette nouvelle situation peut devenir notre nouvelle normalité.
Mais c’est grâce à ça qu’on survit en tant qu’espèce.
Si nos ancêtres s’étaient définitivement satisfaits après une bonne chasse, ils auraient eu moins de raisons de continuer à chercher de la nourriture, à explorer ou à améliorer leurs conditions de vie.
Et s’ils étaient restés anéantis trop longtemps après un échec, ils n’auraient pas retenté.
Cette tendance à ne pas rester durablement dans un même état pourrait même avoir représenté un avantage évolutif. Elle nous pousse à continuer de chercher, d’explorer, de nous adapter et d’avancer.
Imagine quelqu’un qui regarde le sommet.
Il se dit : “Quand j’arriverai là-haut, je serai enfin satisfait. Je pourrai enfin commencer à vivre ma vie.”
Il grimpe. Il souffre. Il avance.
Il atteint finalement le sommet.
Il profite de la vue.
Puis quelque temps après, il regarde une autre montagne.
Et il recommence.
Ça ressemble beaucoup à notre vie.
On se dit, moi y compris :
“Quand j’aurai mon diplôme...”
Puis : “Quand j’aurai un travail...”
Puis : “Quand je gagnerai X...”
Puis : “Quand j’aurai une relation...”
Puis : “Quand j’aurai ma maison...”
Et chaque fois, le cerveau déplace légèrement la ligne d’arrivée.
Tu t’es peut-être déjà demandé comment quelqu’un qui possède tout ce dont tu rêves peut encore être malheureux.
La réponse n’est pas forcément qu’il est ingrat.
C’est peut-être simplement qu’il s’est lui aussi habitué à ce qu’il possède.
Ce que tu regardes avec envie depuis l’extérieur est peut-être devenu complètement banal pour lui.
Et ce qui est banal pour lui est peut-être précisément ce dont tu rêves aujourd’hui.
Si tu l’as pas bien compris, je vais essayer de te l’expliquer plus simplement.
Ce phénomène est :
L’adaptation hédonique.
Pour faire simple, quand une situation change, particulièrement quand elle change de manière positive, notre niveau de satisfaction augmente fortement.
Puis, avec le temps, on s’habitue à cette nouvelle situation.
Ce qui nous semblait extraordinaire devient notre quotidien.
Et nos attentes se déplacent vers autre chose.
Ça ne veut pas dire que les choses que tu désires ne te rendront jamais heureux.
Elles peuvent réellement t’apporter du bonheur. Le problème, c’est de croire qu’elles pourront maintenir ce bonheur indéfiniment, au même niveau.
Cette idée n’est pas complètement nouvelle.
Des philosophes comme Épicure réfléchissaient déjà à notre rapport au désir et aux plaisirs. Il distinguait notamment les désirs naturels et nécessaires de ceux qui peuvent devenir sans limite.
Le problème de certains désirs, c’est pas seulement qu’ils sont difficiles à satisfaire.
C’est qu’une fois satisfaits, ils donnent naissance à un nouveau désir.
Ne transforme pas une circonstance future en condition de ton bonheur actuel.
Tu peux continuer à vouloir progresser. Gagner plus. Voyager. Construire une entreprise. Améliorer ton physique. Rencontrer quelqu’un. Développer tes compétences.
Mais il faut comprendre que l’être humain s’habitue remarquablement vite à ses nouvelles circonstances.
Donc si tu fais dépendre ton bonheur uniquement de la prochaine acquisition, tu risques de passer toute ta vie à courir après quelque chose qui devient banal dès que tu l’obtiens.
La société nous fait croire que le bonheur est un objectif qui réside dans toutes ces choses-là.
Mais biologiquement, c’est un mouvement. Une oscillation.
Le bonheur permanent n’existe probablement pas, et essayer de l’atteindre en accumulant des choses est une course sans fin.
De plus, je pense aussi que le problème, ce n’est pas que le bonheur soit impossible. mais plutôt le fait qu’on nous a appris à le chercher au bout de la prochaine acquisition.
Et finalement, c’est peut-être une bonne chose. Parce que si nous étions parfaitement satisfaits de manière permanente, nous n’aurions probablement plus cette envie d’apprendre, d’explorer, de créer et d’avancer.
Maintenant que tu sais ça, qu’est-ce que tu en fais ?
Vu que je suis ton compagnon dans ton ascension vers le sommet de ta montagne, je vais te donner quelques pistes Élisabeth que tu peux explorer.
1- Apprendre à remarquer ce que tu as déjà.
Pas dans le sens “sois reconnaissant et arrête de te plaindre”.
Mais réellement prendre conscience de choses qui étaient autrefois des objectifs.
Ton téléphone actuel était peut-être un rêve il y a quelques années.
Ton niveau actuel était peut-être inimaginable avant. Imagine, à tes 15 ans, si on t’avait dit que tu allais pouvoir faire certaines choses que tu fais aujourd’hui, développer telle ou telle compétence devenue presque naturelle chez toi.
Certaines personnes que tu connais aujourd’hui étaient autrefois des inconnus.
L’adaptation nous fait oublier nos propres progrès.
2- Ne pas confondre progression et bonheur.
Tu peux vouloir devenir meilleur sans faire de ton futur toi une condition pour aimer ta vie actuelle.
C’est une distinction importante.
“Je veux aller plus loin” n’est pas la même chose que “ma vie commencera quand j’irai plus loin.”
Et ça, c’est extrêmement cohérent avec la mentalité Sommet de la Montagne.
3- Redécouvrir volontairement ce qui est devenu normal.
Dans une de mes newsletters, je te parlais de cette idée que ce qui est normal n’est pas forcément bon, mais parfois simplement courant.
L’adaptation hédonique nous montre quelque chose d’autre : ce qui était extraordinaire hier peut devenir normal aujourd’hui.
Et peut-être qu’il faut simplement regarder à nouveau ce qu’on ne regarde plus.
Sur ce, je vais te laisser avec cette question.
Qu’est-ce qui fait aujourd’hui partie de ta vie, et que ton toi d’il y a cinq ans aurait considéré comme extraordinaire ?
Peut-être que tu n’as pas besoin d’une nouvelle montagne aujourd’hui.
Peut-être que tu as simplement besoin de regarder celle que tu as déjà gravie.
On se retrouve au camp de base.
Jonathan
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P.S.
Prends deux minutes aujourd’hui. Fais la liste de trois choses qui font partie de ta vie maintenant, et qui, il y a cinq ans, t’auraient semblé extraordinaires.
Pas pour te sentir coupable de ne plus les apprécier.
Juste pour les regarder à nouveau. Une fois.
Gravir seul est une option. Grimper ensemble est une force.
Merci de votre lecture
Merci à Oyedele Jonathan d’avoir accepté de partager cette réflexion avec les lecteurs de TheLibrisWorld.
Et merci à vous de prendre le temps de découvrir les textes des auteurs invités. Si cette lecture vous a fait réfléchir, n’hésitez pas à la partager autour de vous et à poursuivre la discussion.
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