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                     AU SOMMET DE LA MONTAGNE

Je crois que beaucoup d’entre nous vivent une vie qu’ils n’ont jamais vraiment choisie.

                                            Oyedele Jonathan

Dans ce nouveau texte publié dans la rubrique Auteurs invités de TheLibrisWorld, Oyedele Jonathan s’interroge sur la connaissance de soi et sur les influences qui façonnent nos choix, nos convictions et notre manière de vivre.
À travers une réflexion personnelle, il questionne la place de la famille, de la société, des réseaux sociaux et de notre environnement dans la construction de notre identité. Il propose également un exercice simple : prendre le temps de se parler à soi-même pour tenter de distinguer ce que nous voulons réellement de ce que nous avons appris à vouloir.
TheLibrisWorld accueille aujourd’hui son texte dans son intégralité, en respectant la voix et les mots de son auteur.
Oyedele Jonathan
Est ce que tu te connais vraiment ?
Tu l'as peut-être remarqué. Je suis moins régulier dans mes newsletters ces derniers temps.
Au début, je culpabilisais.
Je me disais que je devais produire. Publier. Rester constant.
Puis j'ai compris quelque chose.
J'avais pas envie d'écrire davantage.
J'avais envie d'écrire plus vrai.
Ces derniers temps, je me suis rendu compte que je voulais plus simplement accumuler des réponses.
Je voulais comprendre pourquoi je crois ce que je crois.
Pourquoi j'agis comme j'agis.
Et qui je suis vraiment, derrière toutes les influences qui m'ont construit.
Dans mes moments de réflexion, j'ai remarqué un truc.
On passe beaucoup de temps à essayer de devenir une meilleure version de soi-même.
Mais très peu de temps à découvrir qui est ce "soi-même".
On est tous influencés. Moi y compris.
Par la famille.
Par la religion.
Par les amis.
Par les réseaux sociaux.
Par les livres de développement personnel.
Par les attentes de la société.
Mais à quel moment on se pose vraiment cette question :
Combien de mes convictions sont réellement les miennes ?
Aucun de ces éléments n'est mauvais en soi. Je tiens à le préciser.
Le problème, c'est qu'à force d'entendre des réponses, on finit parfois par ne plus savoir quelles sont nos propres questions.
Si tu traverses cette période où tu remets certaines choses en question, tu n'es pas forcément en train de perdre tes repères.
Tu es peut-être simplement en train de construire les tiens.
On vit dans un rush permanent. Constamment stimulés. On n'a presque plus le contrôle sur notre attention.
Tout est mis en place pour nous distraire. Pour nous empêcher de nous retrouver seuls avec nous-mêmes, sans bruit, à nous questionner, à discuter avec nous-mêmes.
En parlant de discuter avec soi-même.
C'est un truc que j'entendais souvent. Et pour être honnête, je me disais que ça avait l'air d'être un bon exercice. Mais je savais pas comment le pratiquer concrètement.
Pas plus tard que la semaine dernière, j'ai trouvé un moyen.
Ça va sembler un peu bizarre au début. Mais je t'assure que ça fait du bien.
La première fois, tu vas peut-être pleurer. Te sentir bouleversé. Étonné de ce que tu peux te dire à toi-même.
Mais la technique est vraiment simple.
Imagine que t'es là. Et que la personne à l'autre bout du fil, c'est toi. Toi, aujourd'hui, en ce moment même.
C'est toi d'aujourd'hui qui parle à toi d'aujourd'hui.
Qu'est-ce que tu dirais ?
Quels mots tu te dirais ?
Comment tu te parlerais ?
Quelles questions tu te poserais ?
Tu te dis peut-être : "c'est fou, non ? C'est bizarre, pourquoi j'aurais besoin de m'appeler ?"
Mais c'est très facile à faire.
Assieds-toi dans une pièce. Ferme les yeux. Imagine que tu es hors de toi.
Ça va te choquer, la vitesse à laquelle ça se fait.
Maintenant, parle à toi.
Parle-toi vraiment.
Les premières fois, tu vas peut-être pleurer. Te lâcher de grosses larmes.
C'est normal.
Parce que tu ne t'es jamais vraiment parlé.
Quand j'ai essayé, je me sentais un peu bête de me répondre à moi-même.
Mais en prenant du recul, tu comprends que c'est un exercice qui te permet de parler sans te sentir jugé. De dire ce que tu as sur le cœur. Tes doutes. Tes peurs. Tes ambitions. Tes traumas.
De découvrir des choses enfouies en toi que tu ne soupçonnais peut-être même pas.
J'ai fermé les yeux. J'ai pris une grande inspiration.
Et je me suis demandé :
Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce qui va pas ?
Qu'est-ce que tu veux vraiment ?
Et c'est là que le mot VOYAGE est venu.
Parce que quand tu essaies de te parler, personne ne t'entend. Personne ne peut te juger. Tu peux parler librement. Être vraiment toi-même.
Et en faisant ça, j'ai découvert par exemple que moi, je veux voyager. Découvrir plusieurs nouveaux endroits. Sortir de ma zone de confort. Rencontrer de nouvelles personnes. Apprendre de nouvelles choses.
Élargir mon esprit.
Parce qu'on est limités à ce qu'on connaît. À ce qu'on a connu. À ce qui nous influence au quotidien dans notre environnement.
Mais en sortant de sa zone de confort, on se développe.
Dans ma dernière newsletter, je parlais de la différence entre ce qui est normal et ce qui est simplement courant. Mais pour réaliser ça, il faut déjà être capable de prendre assez de recul sur son environnement pour observer sa propre vie.
On est tellement bombardés d'informations qu'à la fin, on se perd dans ce bruit.
On n'est plus vraiment libres de nos décisions, de nos choix, de notre attention.
On a tellement délégué notre pouvoir de décision. Aux autres. Aux réseaux sociaux. Aux influenceurs. À l'intelligence artificielle.
Notre attention se fait attaquer sur deux fronts.
D'abord, le contenu et l'information t'empêchent de vraiment filtrer ce qui est important pour toi. Ce qui est spécifique à toi.
"Regarde ça."
"Pense à ça."
"Tu devrais faire ça."
"Cette personne a réussi comme ça."
"Voici ce que tu dois croire."
"Voici ce que tu dois acheter."
"Voici la meilleure façon de vivre."
Ensuite, ta capacité à développer tes propres idées, à décider par toi-même, s'érode petit à petit. Tu abandonnes progressivement ce qui te rend unique.
En laissant les autres décider, tu obtiens peut-être une réponse.
Mais tu perds le chemin. L'effort, l'expérience, la confrontation à la difficulté, la croissance personnelle qui accompagnent normalement une vraie décision.
Au début du Sommet de la Montagne, je me voyais comme un guide.
Mais au fur et à mesure que j'avance dans mon ascension vers ma propre montagne, j'apprends à me connaître. J'améliore la vision que j'ai de ma montagne.
Un Alpiniste n’est pas quelqu’un qui est arrivé au sommet.
C’est quelqu’un qui grimpe.
Il peut parfois aider quelqu’un derrière lui, partager ce qu’il vient d’apprendre, montrer un chemin qu’il a découvert… mais il reste lui-même en ascension.
Peut-être que toi aussi, tu es dans cette période où certaines choses que tu pensais acquises commencent à être questionnées.
Peut-être que tu ne sais plus exactement qui tu es. Ce que tu veux. Ce que tu crois.
Et peut-être que, finalement, ce n'est pas le problème.
Peut-être que c'est le début.
J'ai décidé de partager une partie de moi dans mes newsletters afin que toi, l'Alpiniste, tu te sentes moins seul, moins incompris, et que tu sois toi-même selon tes propres standards, pas selon ce que la société a défini comme normal.
Car ce qui est considéré comme normal ne veut pas forcément dire bon .
Jonathan
À propos de l’auteur
Oyedele Jonathan partage des réflexions autour de la connaissance de soi, du questionnement personnel et de notre manière de construire notre propre chemin.
Lien Substack de Oyedele Jonathan: https://substack.com/@oyedelejonathan
Texte publié avec l’autorisation de l’auteur.
© Oyedele Jonathan — Tous droits réservés.
Merci de votre lecture et de votre partage.
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