Au Sommet de la Montagne
Ton cerveau te ment. Et c’est normal.
Pourquoi ce que tu vois n’est pas toujours ce qui est vrai
Texte invité — Oyedele Jonathan
En plus de vous amener à vous poser des questions, à vous découvrir et à réfléchir à votre propre montagne, j’ai envie de vous apporter quelque chose de nouveau.
Je me suis demandé : comment est-ce que je peux aider mes Alpinistes à aller encore plus loin ?
Et en discutant avec un de mes amis, qu’on va appeler Bleck — il va se reconnaître —, je me suis dit :
Pourquoi ne pas essayer de nouvelles choses ?
Pourquoi ne pas apprendre à mieux comprendre notre cerveau, notre psychologie, notre façon de penser, notre comportement et plein d’autres concepts qui me passionnent ?
Je me suis dit que cela pourrait être un vrai plus dans votre ascension.
Parce que finalement, vous passez toute votre vie dans votre tête.
Alors autant apprendre à comprendre ce qui s’y passe.
C’est dans cette optique que j’ai décidé de créer une nouvelle rubrique :
Comprendre le cerveau de l’Alpiniste
Et pour commencer, j’ai envie de vous parler des biais cognitifs.
Vous en avez peut-être déjà entendu parler. Vous savez peut-être même ce que c’est. Ou alors, peut-être que vous n’en avez absolument aucune idée.
Bref. On va en parler ensemble.
Pour commencer, je vais simplement vous donner une introduction au sujet.
Et si cela vous intéresse vraiment, je prendrai le temps, dans les prochaines éditions, d’entrer plus en profondeur dans certains biais et de voir comment ils peuvent influencer votre manière de penser, vos décisions, vos relations et même votre ascension.
Alors, c’est quoi un biais cognitif ?
Pour faire simple, ce sont des tendances dans notre manière de percevoir, de réfléchir et de prendre des décisions qui, parfois, nous éloignent d’une analyse parfaitement rationnelle.
En d’autres termes, ce sont des particularités de notre cerveau qui font que nous ne sommes pas toujours rationnels.
Notre cerveau doit constamment traiter des informations.
Des milliers.
Des millions même.
Ce que vous voyez. Ce que vous entendez. Ce que vous ressentez. Ce que les autres vous disent. Vos souvenirs. Vos expériences. Vos peurs. Vos attentes.
Et il doit faire tout ça rapidement.
Alors votre cerveau utilise des raccourcis.
Ces raccourcis sont extrêmement utiles. Ils nous permettent de prendre des décisions sans devoir analyser chaque information pendant des heures.
Le problème, c’est qu’ils peuvent parfois nous tromper.
Ils peuvent influencer la manière dont nous interprétons une situation. La manière dont nous jugeons quelqu’un. La manière dont nous nous jugeons nous-mêmes. La manière dont nous prenons une décision. Et même la manière dont nous percevons notre propre vie.
C’est là que cela devient intéressant.
Parce que le problème n’est pas nécessairement ce que vous voyez.
Mais plutôt la manière dont votre cerveau interprète ce que vous voyez.
Une même situation, deux interprétations
Imaginez.
Deux personnes vivent exactement la même situation.
L’une se dit :
« J’ai échoué. Je suis nul. Je n’y arriverai jamais. »
L’autre se dit :
« J’ai échoué. Qu’est-ce que je peux apprendre de ça ? »
La situation est la même.
Mais leur cerveau ne lui donne pas le même sens.
Et cela peut complètement changer la suite de leur histoire.
C’est pour ça que je trouve ce sujet aussi intéressant pour les Alpinistes.
Parce que gravir sa montagne, ce n’est pas seulement agir.
C’est aussi apprendre à observer la manière dont on pense.
Pourquoi notre cerveau fonctionne-t-il comme ça ?
Notre cerveau utilise constamment des raccourcis pour traiter rapidement l’information. Ces mécanismes ont généralement une utilité, mais ils peuvent produire des erreurs systématiques dans certaines situations.
Pendant une grande partie de notre histoire, nous avons dû prendre des décisions rapidement. Il y avait parfois un danger. Il fallait réagir.
Pas faire une dissertation.
Pas ouvrir quinze onglets pour comparer les informations.
Il fallait décider, et rapidement.
Certains mécanismes qui nous permettaient de fonctionner rapidement sont toujours présents aujourd’hui.
Sauf que notre environnement a énormément changé.
Aujourd’hui, le danger n’est pas forcément un prédateur devant nous.
C’est parfois une notification. Une vidéo. Une publicité. Une opinion. Une information. Une comparaison. Une décision professionnelle. Une relation. Un commentaire sur Internet.
Et notre cerveau doit toujours essayer de traiter tout ça.
Nous sommes aujourd’hui exposés à une quantité considérable d’informations. Comprendre certains des mécanismes utilisés par notre cerveau peut donc nous aider à prendre un peu de recul.
Quelques biais cognitifs
Il en existe énormément et nous pouvons être influencés sans même nous en rendre compte.
Le biais de confirmation
Vous pouvez avoir une idée sur quelque chose et commencer inconsciemment à rechercher surtout les informations qui confirment ce que vous croyez déjà.
Votre cerveau peut chercher à avoir raison plutôt qu’à découvrir qu’il avait tort.
Le biais de comparaison
Vous pouvez regarder constamment la vie des autres et finir par utiliser leur montagne comme mesure de la vôtre.
Et à force de regarder les autres grimper, vous pouvez oublier que vous aussi, vous êtes en train d’avancer.
Le biais de négativité
Une mauvaise expérience peut prendre énormément de place dans votre esprit, parfois beaucoup plus que plusieurs expériences positives.
Votre cerveau peut donner davantage de poids à ce qui va mal qu’à tout ce qui va bien.
Le biais du statu quo
Vous pouvez préférer rester dans une situation simplement parce qu’elle est familière, même si elle ne vous convient plus vraiment.
Le connu peut parfois sembler plus rassurant que le changement.
Et ce ne sont que quelques exemples.
Certains biais sont particulièrement intéressants lorsqu’on cherche à mieux se connaître, à prendre de meilleures décisions, à gérer le regard des autres, à développer sa discipline ou simplement à comprendre pourquoi on agit parfois d’une manière que l’on ne comprend pas soi-même.
Apprendre à observer ses propres pensées
C’est exactement pour cela que j’ai envie d’explorer ce sujet avec vous.
Non pour que vous commenciez à mettre des noms compliqués sur chacun de vos comportements.
Pas pour que vous vous disiez :
« Ah, ça y est, j’ai découvert le biais qui explique toute ma vie. »
Mais simplement pour développer quelque chose de beaucoup plus important : la capacité à prendre du recul sur votre propre manière de penser.
Parce que si vous ne pouvez jamais observer vos propres pensées, vous risquez de les confondre avec la réalité.
Connaître certains mécanismes de votre cerveau peut justement vous permettre de vous poser une question supplémentaire :
« Est-ce que je pense vraiment ça, ou est-ce que mon cerveau est en train de me faire regarder les choses d’une certaine manière ? »
Et ça, pour moi, c’est une compétence d’Alpiniste.
Comprendre le cerveau de l’Alpiniste
Voilà donc l’idée derrière cette nouvelle rubrique : Comprendre le cerveau de l’Alpiniste.
Dans les prochaines publications, certains biais pourront être décortiqués plus en profondeur.
Pas seulement pour savoir ce qu’ils sont.
Mais surtout pour comprendre comment ils peuvent se manifester dans notre vie. Dans nos décisions. Nos relations. Notre confiance en nous. Notre perception des autres. Notre perception de nous-mêmes.
Et peut-être même dans notre manière de gravir notre montagne.
Parce qu’après tout, vous ne pouvez pas toujours contrôler ce que votre cerveau vous propose de penser.
Mais vous pouvez apprendre à observer ce qu’il vous propose.
Et parfois, prendre conscience du mécanisme suffit déjà à prendre un peu de recul.
On se retrouve au camp de base.
Jonathan
Cette semaine, essaie juste une chose.
La prochaine fois que tu te compares à quelqu'un, ou que tu juges une situation trop vite, arrête-toi une seconde.
Demande-toi : est-ce que je vois vraiment la réalité, ou est-ce que mon cerveau me la présente déjà filtrée ?
Tu seras peut-être surpris de la réponse.
À propos de l’auteur
Oyedele Jonathan partage des réflexions autour du développement personnel, de la connaissance de soi et de cette « montagne » que chacun gravit à sa manière.
Oyedele Jonathan explore à travers ses textes le développement personnel, la connaissance de soi et les mécanismes qui façonnent notre manière de penser, avec une invitation constante à gravir notre propre montagne.
https://substack.com/@oyedelejonathan
Texte invité publié sur TheLibrisWorld avec l’autorisation de son auteur.




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