Au sommet de la montagne
Tu peux gravir ta montagne sans avoir l’impression de mériter d’y être


Comment reconnaître le syndrome de l’imposteur
Voici un mécanisme qui peut changer la manière dont tu interprètes ton propre parcours.
Tu peux être en train de gravir ta montagne et avoir quand même l’impression de ne pas mériter d’y être.
Je sais pas si je suis le seul à avoir déjà ressenti ça, mais ça m’arrive d’accomplir certaines choses et de me dire que c’est juste de la chance. Que ce n’est vraiment rien d’incroyable.
Pourtant, les gens autour de moi sont impressionnés, me félicitent, m’encouragent, m’admirent. Et malgré tout ça, je me dis : Je ne suis pas légitime. Je ne suis pas assez prêt. Je ne suis pas assez expert dans ce domaine. N’importe qui aurait pu le faire. Je peux faire mieux. Je ne mérite pas tout ça.
Et ça peut prendre énormément de formes. Tu obtiens ton diplôme. Tu décroches un stage. Tu lances ton projet. Tu accomplis quelque chose dont tu es fier. On te félicite pour ton travail.
Et pourtant, quelque chose en toi te dit : “Je ne suis peut-être pas aussi bon qu’ils le pensent”.
Et plus tu avances, plus tu as parfois l’impression d’être là où tu ne devrais pas être.
Mais pourquoi ?
Ce que tu viens de lire porte un nom : le syndrome de l’imposteur
Pour faire simple, c’est lorsque tu accomplis quelque chose, mais que tu n’arrives pas à intégrer cette réussite comme une preuve de ta compétence.
Tu peux avoir les compétences. Tu peux avoir travaillé pour obtenir ce résultat. Tu peux avoir de l’expérience. Tu peux même recevoir des preuves extérieures que tu es capable.
Mais intérieurement, tu continues à penser que tu n’es pas vraiment à la hauteur.
Et c’est justement là qu’on retrouve quelque chose dont on a déjà parlé dans cette rubrique : les biais cognitifs.
Lorsque tu réussis, tu attribues ta réussite à des éléments extérieurs : la chance, les circonstances, l’aide des autres, le fait que la tâche était facile.
Alors que lorsque tu échoues, tu peux avoir tendance à prendre cet échec comme une preuve de ton incapacité.
Et c’est là que le piège commence.
Le syndrome de l’imposteur crée un décalage
Le syndrome de l’imposteur crée un décalage entre ce que tu accomplis et ce que tu crois mériter.
Tu réussis. Tu minimises ta réussite. Tu ne l’intègres pas comme une preuve de ta compétence. Tu continues à douter de toi. Tu travailles encore plus pour prouver ta valeur. Tu réussis à nouveau. Et tu minimises encore ta réussite.
Le cycle recommence.
Mais attention. Il ne faut pas tout confondre.
Ressentir le syndrome de l’imposteur ne signifie pas que tu es réellement incompétent, ça ne signifie pas non plus que chaque doute que tu ressens est forcément faux.
Un sentiment n’est simplement pas une preuve.
Tu peux te sentir illégitime sans l’être. Tu peux avoir peur de ne pas être à la hauteur tout en étant parfaitement capable de relever le défi. Tu peux avoir encore beaucoup de choses à apprendre et être malgré tout légitime dans ce que tu fais aujourd’hui.
Et je pense que cette distinction est importante.
Parce que, on confond “je ne sais pas encore tout” avec “je ne sais pas assez pour être là.”
Alors que les deux ne veulent pas dire la même chose.
Comment reconnaître le syndrome de l’imposteur ?
Il peut prendre plusieurs formes.
Tu as du mal à accepter les compliments
Quand quelqu’un te félicite, tu minimises ce que tu as accompli.
“J’ai rien fait d’extraordinaire.” “C’était facile, tout le monde peut le faire.” “J’ai juste eu de la chance.”
Tu considères que ton travail n’est pas aussi bon que les autres le pensent. Et tu peux même te dire que si quelqu’un te félicite, c’est simplement par sympathie.
Mais lorsqu’on critique ton travail, là, tu écoutes.
Tu accordes énormément de poids à ce qui confirme ton doute, et beaucoup moins à ce qui le contredit. Une remarque négative prend énormément de place. Et tu oublies parfois les dix compliments que tu as reçus avant.
Tu te compares constamment
Tu regardes tes amis. Tes collègues. Tes concurrents. Les personnes que tu suis sur les réseaux sociaux.
Et tu compares ton parcours à leur parcours. Tu vois ce qu’ils accomplissent et tu te demandes pourquoi tu n’en es pas encore là.
Tu regardes leur résultat visible et tu le compares à tes propres doutes invisibles.
Et progressivement, tu finis par croire que tu n’es pas assez intelligent, talentueux, créatif ou compétent.
Mais pourquoi ressent-on ça ?
Il n’y a pas une seule explication.
Certains facteurs liés à l’éducation peuvent jouer un rôle. Par exemple, lorsqu’on a grandi avec beaucoup de pression autour de la réussite, avec des comparaisons fréquentes ou avec une forte peur de l’erreur, ça peut influencer la manière dont on perçoit ses propres réussites.
Certains traits de personnalité peuvent aussi être associés au sentiment d’imposture, notamment le perfectionnisme ou une tendance importante à douter de soi.
Et puis il y a la comparaison.
Elle est devenue particulièrement difficile avec les réseaux sociaux. Parce que tu peux désormais voir chaque jour des centaines de personnes qui semblent plus intelligentes, plus riches, plus productives, plus talentueuses ou plus avancées que toi.
Mais tu oublies quelque chose.
Tu compares souvent ton intérieur au résultat extérieur des autres.
Tu vois leur sommet. Tu ne vois pas toujours leur chemin.
Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire
Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, sache déjà une chose.
Ce n’est pas la preuve que tu n’es pas à ta place.
C’est simplement la preuve que tu es humain, comme tous ceux qui gravissent une montagne qui compte vraiment pour eux.
Dans la prochaine newsletter, on va parler de comment sortir de ce piège.
On se retrouve au camp de base.
Jonathan
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P.S.
Cette semaine, remarque juste une chose, sans rien changer encore.
La prochaine fois qu’on te félicite pour quelque chose, observe ta première réaction intérieure.
Est-ce que tu l’acceptes, ou est-ce que tu la minimises immédiatement ?
Pas besoin de la corriger tout de suite. Juste de la voir.
Gravir seul est une option. Grimper ensemble est une force.
Merci de votre lecture
Merci d’avoir pris le temps de découvrir ce texte.
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Texte de Oyedele Jonathan
Publié sur TheLibrisWorld avec l’autorisation de l’auteur.
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